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Cynthia et Mélissa Arra

L’Ordre des mots

2007

(75 minutes, version française)

Chronique de
Karine ESPINEIRA pour Le sujet dans la Cité.

Un écran noir. Une voix. L’expression « putain de trans ! » pour conclure ces quelques secondes d’absence totale d’images. Secondes qui paraissent si longues, si courtes. Intéressons-nous d’abord aux mots des trans’ avant de nous intéresser à leur image. La volonté est affichée, revendiquée. Nous écouterons avant de regarder.

L’Ordre des mots[1] de Cynthia Arra et Mélissa Arra est une autoproduction de 75 minutes et date de 2007. Le film donne la parole à six personnes trans'[2] et intersexe qui s’expriment non seulement sur leur souffrance mais avant tout sur leur positionnement en rapport à la normation[3]. Tantôt en accord, tantôt en désaccord, car telle est la condition des trans’, pour ne pas dire la condition humaine tout simplement face à l’arbitraire du symbolique, de nos sociétés binaires, bipolaires, faisant de la différence une inégalité.

Il se forme un récit mêlant le connu des récits trans’ tels que popularisés par quarante ans de médiatisation, et l’inconnu de leurs pensées, celles que l’on n’entend pas, dont le public sait si peu, voire rien. Une parole dont on se demande, sans faire d’ironie gratuite, si elle trouve à s’exprimer dans les suivis thérapeutiques, car il est surprenant qu’elle ait mis tant de temps à nous parvenir, alors que les trans’ ont affiné leurs paroles et leurs pensées de façon spectaculaire au cours de ces quinze dernières années.

De Maud Thomas à Vincent He-Say, il y a une génération selon le tic-tac de l’horloge biologique, et quelques années de militances, de théorisations, de pensées condensées, travaillées, appropriées, rendues, développées et traduites. Une théorisation dont ne sont pas exclus les autres protagonistes. Tom Reucher ou Carine Boeuf mêlent tout aussi subtilement anecdotes personnelles et regards critiques sur une situation d’exception autorisant l’exercice de la singularité envers les trans’. Avec Vincent Avrons et Vincent Guillot, un cri tranquille, presque apaisé, sur la difficulté et le bonheur d’être soi dans le sentiment amoureux, dans le rapport intime au corps plaisir, au corps affectif, au corps douleur, que sont aussi le corps et l’âme intersexe pour ce qui concerne l’un d’eux.

L’Ordre des mots est fait de récits rares, d’une parole précieuse tentant de combler des vides et des trop-plein de mots pour les un(e)s et les autres. Son parti pris esthétique est une chance offerte aux mots par rapport à ces images modelant nos interprétations, parfois abusivement, car nous oublions parfois d’entendre à défaut d’écouter. Il aura fallu attendre deux décennies pour que le genre documentaire fasse une place à cette parole, objectif que la télévision n’a pas encore su atteindre.

Sur le site Le sujet dans la Cité : http://www.lesujetdanslacite.com/OrdreDesMotsChronique.pdf

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Notes :

1 Bindings words dans sa version anglaise. Le documentaire fait une carrière internationale. Blog du film : http://lordredesmots-le-film.blogspot.com/
2 Trans’ pour dire transidentitaire ; transidentitaire pour dire transsexe, transgenre, intergenre ou encore agenre.
3 En référence à Michel Foucault, la norme prescrit la différence, et par conséquent le normal et l’anormal.

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Cet article avait été joint au communiqué (3 mars 2006) de la coordination Existrans de l’époque, dont Act Up Paris,  pour protester contre les discriminations dont les trans’ sont l’objet à la télévision. Andréa Colliaux et Caphi ont par la suite relayé le document sur leur blog respectif.

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Myriam et les garçons

En 2004 et 2005, différents groupes de personnes transgenres et transsexuelles se sont constitués en association ou en collectif avec la volonté de s’imposer dans l’espace public, d’êtres visibles et intelligibles, de provoquer du débat hors des cabinets de psychiatrie. Le transsexualisme a donné lieu à des émissions de télévision tout au long de ces 20 dernières années, à des études écrites qui permettent à des érudits rationalistes de se proclamer expertEs en la matière et nous faire partager leur crise des certitudes. Notons qu’en l’absence de reconnaissance sociale, de l’existence d’un groupe Trans’, la transphobie n’existe pas, semble t’on dire. On ne pourrait donc discriminer ce(ux) qui n’aurai(en)t pas de substance !

Emissions de débat, documentaires ou films montrent la transidentité avec plus ou moins de clarté, de souci pédagogique ou humain ; le thème est spectaculaire dans sa nature même : un homme devenu femme ou l’inverse ! Ce n’est pas banal comme sujet de questionnement moral ou philosophique, social ou religieux, psychologique ou psychiatrique à en croire l’intérêt de Colette Chiland, Patricia Mercader ou Pierre-Henri Castel pour ne citer qu’eux. La transidentité doit-elle se montrer, s’expliquer et se légitimer sur des plateaux de télévision ou bien doit-elle être moquée sur l’autel du divertissement ?

Transphonies et Transphobie, Mission impossible

Nous avons recueilli des centaines d’impressions, de points de vue, d’opinions qui nous font penser qu’expliquer la transidentité au grand public en l’état du débat est peu ou prou une mission impossible. Face à cette difficulté, nous avons observé une militance du sans-voix, dans la première génération (années 80-90) à quelques exceptions près, laquelle butait contre le mur d’une politique de l’identitaire la ramenant toujours à un « trans-sexualisme ». Un peu comme s’il n‘était même plus nécessaire d’obliger une personne à mettre une étoile jaune, ou un triangle rose ; c’est la victime qui se désigne, le prisonnier qui s’enferme, le discriminé qui s’exclut. A ce petit jeu, c’est le tortionnaire qui gagne à tous les coups. La nouvelle génération pose : trans’ et fière de l’être et rompt avec l’engrenage de la victimisation.

Les trans’ sont des monstres pour certains, des fous pour d’autres, entre ces deux visions on trouve toutes sortes de qualificatifs recueillis sur des années de « micro trottoirs » sur la scène du réel jusque dans les émissions de télévision : Des vicieux, des pédés, des dingues, des homos refoulés, des enculés, des marginaux aux marginaux eux-mêmes, des êtres qui souffrent, des exclus, des gens bizarres, des machins, des castrés, des travelos, des choses, des bidules, des phénomènes de foire, des êtres humains en détresse, des erreurs de la nature, des êtres fascinants, des femmes ambiguës…

Pour ce qu’il faudrait faire d’eux, quelques exemples : Les tabasser, les tuer, les exterminer, les aider, les accepter, les comprendre, les intégrer…

Ces propos ne sont en rien le fruit de notre imaginaire mais bien d’une collecte de longue haleine effectuée sur des chantiers, des cours d’école, des bancs universitaires, des administrations, et issus d’un plombier comme d’un ingénieur, d’une maîtresse de maternelle comme d’une secrétaire de la sécurité sociale, d’un père de famille comme d’un célibataire, d’une lesbienne comme d’une hétérosexuelle notoire, au lendemain d’une émission, d’un film, d’un documentaire. Tous les âges, toutes les catégories socioprofessionnelles, tous les sexes et attirances affectives possibles pour si peu de termes, si évocateurs.

Mais il faut heureusement noter que là où certains ont dit “ pédés ” ou “ enculés ”, d’autres ont parlé “ d’homos refoulés ”, que là où on s’est exclamé “ les accepter ”, d’autres ont précisé “ les intégrer ”. Cependant, cela n’empêche personne de croire que les conditions de vie se sont améliorées pour ces personnes, même si l’ombre de la prostitution ou de l’agression plane toujours sur eux. En résumé : si l’on voit des émissions sur les transsexuels, cela ne peut qu’améliorer leur sort pour les uns, c’est dangereux et ça peut créer des vocations pour les autres ; un choix, un courage incroyable, expressions qui côtoient abominations, horreur intégrale ou encore boucherie. Mais comment expliquer le silence, la mutité jusqu’au sans fond ?

Le transsexualisme télévisuel : l’invention d’une transidentité ?

A partir de l’échantillon (précisé en Sources), nous avons dégagé un certain nombre d’étapes relatives au traitement du sujet dit transsexuel sur les plateaux de télévision, de la transidentité dans les documentaires. Comment présenter et montrer une personne dite trans’, comment décrire et narrer un état de transidentité ? Que disent-elles (les personnes concernées, amiEs et familles), que disent-ils (journalistes, animateurs, juristes, médecins, l’homme de la rue)? Les mises en scène détiennent-elles les clés des dénotations et des connotations qui forment le parti pris de la compréhension et des rejets, de jugement émotionnel et/ou de la conscience réflexive ? Comment se conclut une telle approche dite informative et non iconographique à raptus émotifs ? Où se trouve la parole dans l’image ? Sacrilège ou voyeurisme,violence des images ou de la parole ? Que reste-t-il de cette narration de l’impossible ? Le silence de l’image pour la lumière de la voix, la réflexion contre l’émotion, mais est-ce vraiment cela que vous voulez ? rétorqueraient certaines de ces personnes que l’on ne sait où mettre, dont on ne sait que faire et quoi leur dire.

Myriam et les garçons ou comment jeter les trans à l’opprobre publique. Tout récit a un scénario, une trame, un fil conducteur, une histoire écrite d’avance en somme. Celle de cette émission reprend l’idée de la tromperie et du mensonge. « There’s something about Miriam » (2004) de la chaîne Sky One qui ne l’oublions pas est un reality show ; un jeu à la Crying Game reprendront les tabloïds britanniques.

Pour expliciter, imaginons un jeu tel que Marjolène, une bachelorette draguée par six jeunes gens, qui se révélerait être à la fin du jeu, un homme. Car la pétillante Miriam est une jeune transsexuelle mexicaine pré-op (avant opération). Les candidats ont assigné avec succès la chaîne en justice, voulant interdire la diffusion d’une émission les ayant humiliés selon leurs avocats, certains affirmeront même avoir subis un traumatisme grave ; ils avaient en effet embrassé Miriam.

Le synopsis transmit par TF6 est le suivant : « Avec Myriam et les garçons, TF6 propose de découvrir un Bachelorette d’un genre nouveau. Tous les ingrédients de ce programme de télé-réalité sont réunis : une belle maison, une fille superbe, Myriam, et 6 garçons prêts à tout pour la séduire. Mais Myriam a un énorme secret que seuls ses prétendants ignorent : Myriam est une fille différente des autres. Myriam est en fait… un homme ! ».

Les sites Internet reprennent l’information ainsi :

 » Myriam et les garçons » arrive sur TF6 avec Vincent McDoom ; TF6 lance un programme Real Tv qui a déjà fait parler de lui « Myriam et les garçons ». Une sorte de « bachelor transexuel » présenté par Vincent Mcdoom à partir du mercredi 8 mars à 22h20 ; Myriam cache un « détail » ; L’émission de télé réalité sulfureuse Myriam et les garçons arrive sur TF6 ; C’est le mercredi 8 mars à 22h20 que débute la diffusion de ce concept (la version originale et non une déclinaison française) Ce, durant six semaine. C’est Vincent Mc Doom qui présentera chaque semaine en début d’émission ce qui attend les téléspectateurs de TF6 ; Diffusée en 2004 sur Sky One, en Grande-Bretagne, l’émission a engendré pas mal de réactions… Tous les ingrédients de Bachelorette sont là : 6 beaux garçons prêts à tout pour séduire une jolie fille dans un cadre idéal ( villa de luxe, piscine…) Durant deux semaines… Le hic : les garçons ignorent que Myriam a un détail que n’ont pas habituellement les demoiselles… Les prétendants ignorent tous que Myriam est un homme…

Une simple recherche Google© donne une idée de ce qui se dit déjà sur les forums et les plaisanteries qui ne sont pas méchantes, dit-on généralement avec condescendance, commencent à s’exprimer. Il ne faut pas sous-estimer ces gentilles « blagues » pas plus que celles sur les étrangers ou les femmes lorsque la frontière avec xénophobie et sexisme sont si minces… Le cinéma s’était fait les dents sur les homosexuels dans les années cinquante, représentés en général comme des psychopathes veules et meurtriers. La transidentité connaît le même phénomène malgré quelques films « amicaux »…

On sait que les violences verbales et physiques trouvent souvent leur origine dans les représentation stigmatisantes qui infériorisent l’Autre à travers des caractéristiques physiques et morales négatives. L’histoire est un récit plein des cris et de fureur pour reprendre Shakespeare, certes mais aussi pleine d’erreurs. Notamment celle d’accepter qu’une partie de la population puisse discriminer une partie de ses membres pour des questions ethniques, sexuelles ou d’expressions d’identité de genre… Les bonnes raisons n’ont jamais manqué, les atrocités inhérentes non plus…

« Imaginons une belle Villa et six garçons antisémites et une fille qui a un secret… elle est juive ! Imaginons une belle Villa et six garçons très légèrement xénophobes et une superbe jeune femme et il se trouve que son père est noir ! » : Ces exemples sont déplaisant à écrire. La perspective qu’un tel scénario soit possible fait frissonner de dégoût et d’effroi à la fois. Pour les personnes trans’, tel est l’enjeu. Etre une nouvelle fois moquéEs et jetéEs à l’opprobre publique.

Un fait qui vient tout juste de se produire au Portugal :

Gisberta, immigrante brésilienne, transsexuelle, séropositive, toxico-dépendante, prostituée et sans-abri, a été retrouvée morte le 22 Février 2006 au fond d’un puits plein d’eau, profond de dix mètres, dans un bâtiment inachevé de Porto la seconde ville du Portugal. Le crime a été avoué par un groupe de 14 garçons mineurs de 10 à 16 ans, la plupart d’entre eux faisant partie d’une institution d’accueil pour mineurs, financée par le système public de protection sociale mais sous la responsabilité de l’église catholique. A la suite de cet aveu, les détails de cet acte terrible ont été découverts. La victime était dans un très mauvais état de santé, et était fréquemment persécutée par les garçons, victime d’insultes et d’agressions. Le 19 février, un groupe de ces garçons est entré dans l’édifice inachevé et abandonné où Gisberta passait les nuits, l’a ligoté, l’a bâillonné, et l’a agressé avec une extrême violence à coup de pieds, de bâtons et de pierres. Le groupe a aussi avoué avoir introduit des bâtons dans l’anus de Gisberta, dont le corps présentait des blessures importantes dans cette partie, et l’avoir abandonee dans ce local. Le corps présentait également des marques de brûlures de cigarettes. Les 20 et 21 février, ils sont revenus au local et ont de nouveau pratiqué les agressions. Le matin du 21 au 22 Février, il ont finalement jeté le corps de Gisberta dans le puits afin de tenter de masquer leur crime. L’autopsie déterminera si à ce moment la victime était encore vivante ou non. Le fait que le corps ne flottait pas, mais gisait au fond de l’eau du puits semble indiquer qu’elle serait morte par noyade.

En mars 2005, c’est Mylène, transsexuelle de 38 ans qui a été retrouvée morte décapitée à Marseille, émasculée et criblée de coups de coups de couteaux. Les détails de ces crimes sont si forts qu’il est difficile d’en donner tous les détails et la perspective des souffrances endurées par ces personnes donne la nausée

L’oppression que vivent les personnes trans’ est quotidienne dans une société où n’existent que deux sexes sociaux. L’insulte est monnaie courante, pourtant la discrimination de genre a été rejetée par la HALD sous prétexte que nous étions hommes ou femmes à l’arrivée. Mais qu’advient-il des personnes dont le physique interdit l’anonymat, des personnes qui ne peuvent et/ou ne souhaitent pas l’opération, des personnes qui ne peuvent pas changer leur état-civil ?

La discrimination en dit long sur ces états de fait au sein d’une société qui se dit en progrès et dont quelques têtes pensantes n’hésitent pourtant pas à parler d’hérésie en ce qui concerne les transidentités. Ces “têtes” ne pèsent-elle pas le poids de leurs propos ? Nous connaissons quelqu’un chez nous, en France, qui parle de races inférieures, et d’autres se sentent alors autorisés à jeter un Maghrébin dans la Seine. Remarque et comparaison exagérées ? Sûrement pas, pour celui qui est allé rencontrer les personnes dites trans’ dans leur quotidien, dans la réalité qui leur est imposée et que le psychiatre n’appréhendera jamais depuis son cabinet confortable et bien chauffé.

Rien ne justifiera jamais une vie sacrifiée sur l’autel du divertissement et en tant qu’universitaire en science de l’information et de la communication et femme trans’ je m’interroge : accepter ! Et au nom de quoi ?

Karine Espineira

Entre autres sources :

Et il voulut être une femme, de Michel Ricaud .
Le choix, d’Anthony Page . Les Dossiers de l’Ecran : D’un sexe à l’autre : Elle ou Lui ?, Antenne 2. Reportages : D’un sexe à l’autre, TF1 . En Quête de Vérité, TF1 .
Prostitué(e)s, de Mireille Dumas .
Envoyé Spécial : Les femminielli, France 2 .
Bas les Masques, France 2 .
Tout est possible, TF1 .
Thema, ARTE : Gare aux transsexuels (Transsexual Menace), de Rosa Von Praunheim ; I Don’t Wanna be a boy, d’Alec Behrens et Marijn Muyser .

Emissions de télévision : 

LE DROIT DE SAVOIR : Faits divers, « Camille et Monica, le mariage interdit d’un couple transsexuel, TF1, mercredi 15 juin 2005.
ON NE PAS PLAIRE A TOUT LE MONDE, présence de Camille et Monica, émission animée par Marc-Olivier Fogiel et Guy Carlier, France 3, dimanche 1er mai 2005.
LE JOURNAL DE LA SANTE, La Transsexualité, émission présentée par Michel Cymes et Marina Carrères d’Encausse, France 5, jeudi 14 avril 2005.
J’Y VAIS, J’Y VAIS PAS ?, Comment assumer mon identité sexuelle ?, émission présentée par Valérie Benaïm, France 3, novembre 2004.
ÇA SE DISCUTE, Sexualité : comment assume-t-on son ambiguïté ?, émission de Jean-Luc Delarue, France 2, octobre 2004.
LOLA-MAGAZINE FEMININ, Le désir d’être femme, présentée par Lio, Arte, août 2004.
C’EST QUOI L’AMOUR, Homme, Femme ! Peut-on être les deux à la fois ?, émission animée par Carole Rousseau, TF1, avril 2004.
VIE PRIVEE, VIE PUBLIQUE, Des couples pas comme les autres, invitée Andréa Colliaux, France 3, 2003.
THEMA ARTE, XXY Enquête sur le troisième sexe : Les hermaphrodites, univoque, équivoque, documentaire d’Ilka Franzmann, Allemagne, 2002 ; Le mythe de l’hermaphrodite, documentaire de Thomas Schmitt, Allemagne, 2002 ; Southern Comfort, documentaire de Kate Jones-Davis, Etats-Unis, 2000 ; Arte, 2002.
C’EST QUOI L’AMOUR ?, Troubles de l’identité sexuelle, émission animée par Carole Rousseau, TF1, décembre 2001.
CE QUI FAIT DEBAT, émission de débat en direct présentée et animée par Michel Field, France 3, 2001.
LE DROIT DE SAVOIR, Planète Transsexuelle, Enquête sur le 3e sexe, TF1, 2001. ÇA SE DISCUTE, Transsexuels, hermaphrodites, travestis, androgynes : comment vit-on la frontière ?, Emission de Jean-Luc Delarue, France 2, 2000.
THEMA ARTE, Je est un(e) autre : Transsexual Menace, de Rosa Von Praunheim, 1996 ; I Don’t Wanna be a boy, d’Alec Behrens et Marijn Muyser, 1995 ; Finishing School, Kate Jones-Davies, 1995 ; Arte, 1998.
ENVOYE SPECIAL, Les femminielli, magazine de Paul Nahon et Bernard Benyamin, France 2, 1996.
BAS LES MASQUES, Je suis né(e) dans la peau d’un autre, émission de Mireille Dumas, France 2, 1996.
TOUT EST POSSIBLE, présentée par Jean-Marc Morandini, invitée Christelle J., 1996.
TOUT EST POSSIBLE, J’ai changé mon corps, invitée : Gina Noël, présentée par Jean-Marc Morandini, 1994.
BAS LES MASQUES, Je ne suis pas celle que vous croyez, émission présentée par Mireille Dumas, 1993.
FRANÇAIS SI VOUS PARLIEZ, Je me travestis, et alors ?, émission animée André Bercoff, 1993.
REPORTAGES, D’un sexe à l’autre, Magazine de Michelle Cotta et Henri Chambon, TF1, 1992.
EN QUETE DE VERITE, Emission présentée par Jean-Pierre Foucault, TF1, 1992. LES DOSSIERS DE L’ECRAN : D’un sexe à l’autre : Elle ou Lui ?, d’Armand Jammot, Antenne 2, 1987.
SPECIAL TRAVERSES, Le corps de mon identité, documentaire de Jacques-René Martin, FR3, 1983.

Blogs :

Existrans : http://www.existrans.org

Andréa Colliaux : http://andreacolliaux.canalblog.com

Caphi : http://caphi.over-blog.fr

Observatoire Des Transidentités : http://observatoire-des-transidentites.over-blog.com

Logo ODT

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La Transidentité, de l’espace médiatique à l’espace public

Illustration de Maud-Yeuse Thomas

L’Harmattan
Septembre, 2008
Auteur(s) : K. Espineira

C’est à partir de l’opération de Christine Jorgensen en 1952 au Danemark, que le fait qu’un homme puisse devenir une femme, après une intervention chirurgicale, entre dans l’esprit du grand public en raison de sa très forte médiatisation. L’analyse du traitement télévisuel de la transidentité, considérée comme expression la plus singulière de l’identité, est-elle susceptible de donner des outils de lectures sur la construction des normes de genre au-delà de la transidentité ?

Lien vers l’Harmattan

 Transidentités : soustraire les différences au diagnostic

 En ligne, mars 2011 : http://www.revue-ganymede.fr/transidentites-2/
Par Karine Espineira, Maud Yeuse Thomas, Alessandrin Arnaud

Le documentaire « Diagnosing difference », base d’une analyse de la question de diversité que recouvre les transidentités, du problème du diagnostic, et des réalités sociétales et individuelles qui en découlent.


Extrait :

Samedi 11 février était diffusé pour la première fois en France le reportage « diagnosing différence » [1]. Sur une heure, treize de témoignages se succèdent : Susan Stryker, Adela Vazquez… Ils reviennent, tous à leur façon, sur les effets iatrogènes des catégories psychiatriques, sur leurs effets directs sur le story tellingdes transidentités et sur les modes de reconnaissances qu’ils imposent. « Ca ne m’apporte rien cette étiquette » dit l’une des interviewées ; « Je ne peux pas appeler mon patron le matin pour lui dire : « pardon patron, je ne viendrai pas travailler aujourd’hui, j’ai un trouble de l’identité de genre… ». À l’instar du reportage de Valérie Mitteaux (« mon sexe n’est pas mon genre » [2]), les profils et les récits trans’ de « diagnosing différence » nous semblent à la fois répondre à une promesse d’inclusion autour du terme de « transidentité » (« transsexuel, trangenre, genderqueer : il y a autant d’appellations que tu veux ») et à une mise à mal du diagnostic « transsexuel » comme élément central et nécessaire aux subjectivations trans’ « Est-ce qu’il faut améliorer le diagnostic ? La question c’est : est-ce qu’il faut un diagnostic ? » « Je dirai que j’ai une identification de genre moins fréquente, ça ne fait pas de moi une pathologie ». Comme élément de classification et de reconnaissance, la labellisation « transsexuelle » est alors dénoncée comme une imposition maltraitante [3] et désubjectivante : « C’est trop violent de vouloir faire rentrer les gens dans des catégories pathologisantes » ; « Je n’ai jamais eu l’impression d’avoir un problème. Que la société n’ait pas de place pour moi, ça c’est une source de problème.» ; « Les catégories de sexe et de genre ne sont pas assez souples pour contenir qui je suis » ; « Le diagnostic m’a volé mon identité ».

Dans une acception Delphyiste nous pourrions dire que « dire la différence » revient à « dire la hiérarchie » [4]. Ainsi, en créant un hors cadre « transsexuel », il se créée surtout une hiérarchisation entre les « trans » et les « cis » [5], les non-trans, de telle sorte que le diagnostic, c’est-à-dire la validation a posteriori de la différence, s’effectue à la défaveur des identités de genres minoritaires, immédiatement basculées du côté de la déviance. Le diagnostic impose alors des « gages de normalité », une procédure de cisexualisation des identités labellisées « transsexuelles ». Or les expériences de genres vécues débordent des genres assignés et des sexes réassignés [6]. Ils disent aujourd’hui la pluralité sans promettre une normalisation. (…)

La suite sur GanyMède

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NOTES :

[1] J’emprunte la formulation du « diagnostic de la différence » au reportage « diagnosing différence » d’Annalise Ophélian (2009) dont le sous-titre est : « la nature adore la diversité, ce sont les humains qui ont un problème avec ça »

[2] Lire par exemple : « Mon sexe n’est pas mon genre », Observatoire Des Transidentités, novembre 2011, disponible sur : http://observatoire-des-transidentites.over-blog.com

[3] SIRONI F., Psychologie(s) des transgenres été des transsexuel(le)s, Odile Jacob, 2011.

[4] DELPHY C., Classer, dominer, qui sont les « autres » ?, La fabrique, 2008

[5] « Cis » signifie « du même côté de ». La « Cisidentité » renvoie donc à la congruence entre les expériences de genre vécues et l’assignation de genre faite à la naissance. Lire à ce propo : SERANO J.,Whipping girl, a transsexual woman on sexism and the scapegoating of feminity, Seal edition, 2007

[6] ALESSANDRIN A., Droit, psychiatrie et corps Trans : le triple débordement, in Aux frontières du genre (dir.), L’Harmattan, 2012.

Anglais (traduction automatique)

Espagnol (traduction automatique)

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