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Le texte suivant est à considérer comme un billet d’humeur qui provoquera certainement quelques tensions dans mon entourage lointain et peut-être proche. Je tenais à le dissocier de textes plus impersonnels car c’est un point de vue très personnel que je tenais à exprimer dans une période que j’estime trouble, voire inquiétante. J’éprouve des difficultés à ne voir que les promesse d’un « avenir radieux » (et lequel ?) consécutif à la visibilité médiatique et à la meilleur compréhension des questions trans. Des propos entendus et certaines lectures me font craindre une nouveau backlash. Ignorer les violences serait une erreur, ignorer les critiques tout autant. Je mesure depuis des années les violences sur les trans tout en me disant que nous devons aussi nous repenser de l’intérieur et peut-être revenir à des fondamentaux tout en devant questionner ce qu’est le mouvement trans, écouter les trans racisé.e.s qui nous interpellent à juste titre, analyser le mouvements transféministe vs les adhésions sans condition au système sexe-genre, etc. Il ne faut pas occulter les questions qui font mal et qui ne sont pas à notre avantage. Il n’est pas question de « baisser la culotte » comme on nous l’a tant demandé mais de ne pas devenir invisibles à nous-mêmes en ne questionnant plus les normes nous ayant conduit à le désintégration ou à l’insurrection.


Aux camarades « pour » ou « contre » le fait que : « je » puisse exister

Camarades, militant.e.s, féministes ami.e.s ou « détractrices ». Nous sommes un certain nombre à avoir assumé avis, propos, théorisations et politisations à visage découvert en tant que trans, en tant que féministes, en tant que transféministes. Nous sommes parfois des personnes en transition pour la vie entière car éveillé.e.s au fil de nos expériences et analyses, aux méfaits du patriarcat, à ses injustices, aux tenants des rapports de pouvoir et de domination qui nous traversent toutes et tous, quels que soient nos groupes d’appartenance, de familiarité, de socialité. Autrement dit, nous ne nous sommes jamais caché.e.s derrière un pseudo pour nous engager dans la plus grande transparence et démontrer par les actes que nous pouvons dépasser les luttes pour nos propres et seuls intérêts. Nous sommes plus que vos imaginaires. Nous sommes des personnes, nous sommes engagé.e.s et nous refusons vos nationalisations.

Nous ne voulons pas l’égalité. Nous voulons bien plus que cela. Nous ne souhaitons pas un statut quo, pas plus qu’une paix négociée dont le vrai visage serait celui d’une guerre froide.  Nous voulons que le monde change et pour cela nous sommes en insurrection, seul.e.s ou en groupes, mobilisant les moyens qui sont les nôtres depuis une position située et le plus souvent subalterne. Notre révolution est d’abord une démarche intime se politisant sur un champ de bataille qui est le théâtre d’une guerre infinie envers nous-mêmes pour parvenir à être « exact.e.s » avec nous et les autres.

Je vais poursuivre en ce sens et parler en nom propre pour dire qu’en effet « je » ne suis pas un être humain et que « je » ne désire pas -ou plus- revendiquer ce statut.

J’ai été élevée en féministe par des féministes. Qui sait, peut-être qu’un hurluberlu y verrais l’origine de ma transition, conjuguant absence du père et sur-présence de femmes féministes ? A vrai dire, cela ne me gênerait pas que cela puisse être vrai parce que je m’en contrefous royalement des théories sur moi, sur ce que je serais, devrait être, suis ou ne suis pas.

En m’affranchissant de toutes les règles de définition, je dis être une somme de valeurs transmises par l’expérience de migrante, de la vie dans la cité, en baignant dans la culture ouvrière, en vivant avec déchirements la révolte adolescente avec ses puérilités et utopies, et avant tout aux contacts de féministes que je nommerais « mères ». Les seuls aspects de ma personnalité dont je puisse être fière, c’est à elles que je les dois. Puis viennent les lectures, celles qui empêchent de tourner en rond, qui obligent à revoir son cahier des charges existentiel. Devenir « une somme » de « choses », c’est aussi être en mouvement perpétuel dans un cheminement où les mauvais choix semblent parfois construire les bons.

Est-ce que je suis une « vraie » femme ? Question qui n’est pas sans rappeler d’autres questionnements sur l’âme des colonisé.e.s  en des temps passés et qui ont la fâcheuse tendance à se répéter aujourd’hui. Alors, une âme ou pas ? Si le verdict et si la balance penchent vers le négatif, nous ne faisons plus partie de l’humanité. C’est dit et acté. La sentence est aussi rétroactive puisque c’est le pouvoir qui écrit l’histoire.

Soit.

Alors, qu’est ce « je » peux/peut bien être ?

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Je connais l’argument massue d’être née « mâle » ou la condamnation sans appel d’avoir bénéficié du privilège quasi divin d’avoir été en élevée au « masculin ». Nier la réalité des privilèges serait la pire des erreurs, mais accepter que l’on n’interroge pas l’ensemble des réalités « implémentées » serait une autre erreur. Qu’est ce privilège ? Quels en sont les contours et les expressions ? Est-il comme un processus bien réglé, une sorte d‘intelligence artificielle suprême ou une œuvre magique de la nature appliquant équations sur équations, alchimie sur alchimie pour parvenir à des résultats incontestables : la chair dicterait le devenir, la vie émotionnelle, la sociabilité, l’affection, l’amour, la sexualité, etc. L’idée serait celle d’une programmation impiratable. Où sont nos choix et nos devenirs dans ce cas ? Où placer notre libre-arbitre, l’être ou ne pas l’être, dans ce schéma ?

Les enfants dont on voit-constate-présume que le genre est « défaillant » bénéficient-ils-elles des privilèges de l’éducation auquel « leur sexe » peut/doit « prétendre » ? Il me semble que de nombreuses personnes lesbiennes et gays pourraient nous en dire long sur leur éducation « en fille » et « en garçon » destiné.e.s à alimenter et reproduire la société hétérosexuelle. Ils-elles pourraient se confier sur la façon dont elles-ils ont vécu ce privilège ou cette absence de privilège, qu’il faudra un jour parvenir à nommer « une malédiction » dans les deux cas.

Qui peut prétendre qu’un.e enfant ne puissent pas lire et détecter ces privilèges et ce vers quoi ils conduisent et y opposer du refus ? Qu’ils-elles soient programmé.e.s pour se complaire dans des statuts de puissants ou de subalternes ?  Le pouvoir ne peut-il se refuser ? Ne peut-on pas se rebeller contre l’injustice ? On ne pourrait pas se déconstruire pour se reconstruire autrement ? Ne nous resterait-il plus que le suicide selon nos classes de genre puisque tout serait déjà écrit ? Et nous, personnes trans, dans ce champ de bataille, qu’est Le Genre, où sommes-nous dans vos relations ?

Maman, papa, familles et ami.e.s des parents, que nous soyons filles ou garçons trans, croyez-vous sérieusement que vos éducations « en fille » ou «  en garçon » nous aient apporté que du bonheur ? Pensez-vous qu’elles soient impiratables ? Nous avons dû hacker le système, donner le change parfois mais nous n’avons jamais accepté le programme qu’il nous faut parfois des décennies à virer de nos systèmes d’exploitation. Nous les écrivons sans vous, jour après jour, expérience après expérience, bonheur après bonheur, violence après-violence… Nous produisons des bugs, mais pas plus vous. Et les nôtres ne sont pas pires que les vôtres.

Est-ce une nouvelle fois aux personnes trans, auxquelles on demande d’être plus normales que les normaux, d’être plus « femmes » et « hommes » que les « hommes » et les « femmes », auxquelles on demande d’être à la fois et de façon homogène dans le carré de tête des rebellions, de démontrer qu’elles sont bien ce qu’ils-elles disent être tout en étant des révolutionnaires sans reproches à la marge de vos mondes ?

Camarades, durant mon inscription universitaire, j’ai beaucoup travaillé, à ma façon, sur nos savoirs tout en essayant de me placer aux entrecroisements de vos mondes. J’ai eu la chance de développer des travaux, d’engager des traductions tout en rapportant ce que j’ai appris. J’ai dû composer avec quelques injustices épistémiques mais probablement pas plus que de nombreuses autres chercheur.e.s sur des sujets dits marginaux ou arborant des identités « improbables » selon de  nombreux critères dont le premier d’entre eux réside parfois et déjà dans le fait d’être une femme.

J’ai trouvé de nombreux accueils et abris en tant que chercheure trans et féministe grâce à des chercheuses féministes, mais pas que, il faut le souligner aussi. Ces espaces m’ont donné des forces durant un temps et ont dopé mes programmes dont celui de faire de la recherche. Au Congrès international des recherches féministes dans la francophonie qui vient de s’achever, il a été question de travail gratuit concernant les savoirs trans aussi bien par des intervenantes de contextes québécois, italien, que français. J’ai enfin trouvé le courage de dire ma situation au risque de compliquer davantage ma place dans des contextes universitaires.

Quel est ce travail gratuit ? Depuis onze ans, il comprend : deux articles minimum par an dans des revues universitaires (en France, aux États-Unis, Canada, Québec) ; une douzaine de communications (séminaires, journée d’études, conférences, colloques nationaux et internationaux en Espagne, en Belgique, en Suisse, au Japon, en Argentine, au Québec, à Cuba…) ; des suivis officiels d’étudiant.e.s trans et non-trans (codirections et direction de mémoires, jury) ; des suivis non officiels ou des sollicitations d’étudiant.e.s du master à la thèse de doctorat (relectures, conseils méthodologiques, entretiens, etc.) ; des publications autres pour étoffer le CV comme pour diffuser des savoirs trans et participer aux études trans (à ne pas confondre avec études sur les trans) comme des ouvrages en nom propre et des coordinations d’ouvrages collectifs. Un travail à plein temps à minima. Dans ce contexte, comment ne pas penser au dispositif de L’Institut Émilie Châtelet qui m’a permis durant 18 mois de percevoir un salaire pour ma recherche ? De gagner ma vie autrement dit tout en faisant une activité qui me passionne. Comment ne pas songer aux chercheur.e.s qui ont m’ont reçu amicalement intéressé.e.s par mes recherches et ma voix ? Je vous remercie très sincèrement dans le fil de ce long billet d’humeur.

La situation de travail gratuit cohabite avec une autre situation qu’il convient de poser au débat. Régulièrement on m’interroge sur le fait que des non-trans n’osent plus s’engager sur des sujets trans en tout ou partie. Les réponses sont à peu près toujours les mêmes et tiennent à la déontologie, voire l’éthique, comme à la dimension politique de la production et la diffusion de savoirs.

Dans les études trans(genres), nous passons du statut d’objets de savoirs à celui de sujets de savoirs et cela ne se fait pas sans tension et sans enjeu. Les savoirs ne bénéficient pas de la même reconnaissance et les étudiant.e.s qui me rencontrent savent à quel point je suis tatillonne sur la présence d’auteur.e.s trans (anglophones, francophones, hispanophones) dans leurs bibliographies, sur le fait d’aller voir les associations comme de valoriser les références militantes dans une recherche en terrain militant.

Une autre dimension est assez difficile à illustrer sans passer par des lieux communs ou devoir passer par des pages d’explications. J’illustrerais par une question plus ou moins triviale : que penser si les seules références valorisées dans les études féministes étaient celles d’hommes ? C’est pourtant avec cela que doivent composer les savoirs trans qui sont toujours situés.

Personnellement, je ne connais pas un.e seul.e étudiant.e trans visible dans l’université (francophone notamment) qui ne rencontre pas des difficultés en raison de son sujet et/ou de son identité. Pourtant, certains laboratoires et certaines universités tentent clairement d’améliorer cet état de fait. Où est le problème ou plus précisément quelles sont les difficultés dans les non-dits et les non-vus ?

Puisqu’il est question du CIRFF2018, auquel nous avons eu la chance de participer avec un colloque, un atelier et un débat. C’était une chance d’avoir des alliées et notre présence était importante du point de vue de la pensée (trans)féministe. Pour autant, cela n’efface pas tout. Personnellement, je me suis faite « toiser » par deux féministes en raison de mes tensions avec un « John Doe ».

Il y a eu aussi d’autres retours comme celles des discussions en coulisses qui ne se bornaient pas seulement au débat pour savoir si les femmes trans sont des vraies femmes, comme on se demanderait si nous sommes des êtres humains. Avec certains retours, avec certains discours, je me disais que j’avais une chance folle d’être trans dans une enveloppe humaine car si j’avais été un chiot ou un chaton, on m’aurait évacuée par la cuvette des toilettes en tirant la chasse d’eau sans se retourner.

Ressentir à la fois les avancées avec les jeunes trans, leur qualité de réflexion et d’engagement tout en ayant le sentiment de revenir 30 ans en arrière avec certains écrits féministes récents et avec les mentalités sur la base de caricatures, me positionne entre optimisme (les jeunes trans) et effroi (certains écrits antitrans). L’action d’un groupe ou d’une personne trans -dont même en tant que trans, je ne validerais ni les propos ni les actions si elles touchent au droits des femmes, des inters, des racisé.e.s, des migrant.e.s, des non-binaires, etc.*- fait généralisation et loi contre l’ensemble des trans.

On critique le genre ou des études de genre, et hop c’est la faute des trans. Comme si les rapports sociaux de sexe avaient attendus les trans pour exister ! Comme si nous n’étions pas concerné.e.s par le sexisme et conscient.e.s de ces réalités ! Comme si n’étions pas concerné.e.s par la division sexuelle du travail, etc. ? Si un groupe de « crétin.e.s » trans s’engage dans des imbécilités, et hop c’est l’ensemble du mouvement trans qui est contre les femmes ou qui ne respecte pas le corps des femmes, la culture et la sexualité lesbienne… Faut-il rappeler qu’il n’est nul besoin d’avoir un genre assigné ou revendiqué pour savoir prendre du recul ? Nous ne voulons pas être des victimes ni des tortionnaires, ni endosser le rôle de bouc-émissaire sur des débats qui vont bien au-delà des personnes trans mais qui concernent ce monde que nous détruisons de plus en vite.

Maud-Yeuse Thomas a eu récemment une formule sur certains glissements ou dérapages : « désormais l’ennemi principal c’est nous », et non pas le patriarcat et ses effets sur tou.te.s. A tel point que des féministes se retrouvent parfois en alliance ou sans le savoir aux côtés de masculinistes plus ou moins masqués. Pour autant, dois-je impliquer l’ensemble des camarades féministes ? La réponse est non bien entendu et d’autant plus que le féminisme radical particulièrement ne doit surtout pas être réduit aux féministes antitrans.

Arrêtez de fantasmer nos corps et sensibilités.

Transféministement,

Karine

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* Après-coup, et échanges sur les réseaux sociaux, je réalise que des personnes peuvent se sentir exclues de cette énumération. Nul.le n’est oublié.e volontairement, c’est que la phrase  deviendrait infinie tant la liste est longue… Ce fait à lui seul dit le problème que nos sociétés posent à une multitude de personnes. Je songe à chaque lettre de LGBTIQ+, aux personnes qui entrecroisent ces lettres dans leur vie au quotidien, aux précaires, aux subalternes de nos sociétés de surconsommation, les esclaves domestiques, aux TDS, aux prostitué.e.s, et j’en oublie beaucoup d’autres…  Je précise que j’utilise TDS et prostitution car je reconnais le travail du sexe pour avoir lu et écouté la parole des concerné.e.s dont certain.e.s sont des proches, comme je reconnais les situations de prostitution et la traite d’êtres humain.

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« Montage-film-documentaire » :

Gare aux trans 2.0.

Il s’agit d’une photographie de ce que l’on dit de nous et montre de nous, face à nos voix et nos actions. Ce document ne peut être exhaustif car c’est impossible. Je souhaite qu’il soit regardé et considéré avec bienveillance car au contraire de la majorité des productions sur les trans, il n’es pas maltraitant. Il montre la maltraitance justement tout en mettant en perspective une riposte trans, une contre-attaque « posttranssexuelle ».

Il s’agit d’un montage amateur faisant suite et écho à des montages des années 2000 : « Gare aux trans » (2005 : https://www.youtube.com/watch?v=PtrBe9N5Dmc) et « Transgénérations » (2006 : https://www.dailymotion.com/video/xc79hj).

Cette série n’a pas d’autre prétention que de porter un regard critique sur la représentation des personnes trans dans la culture au-delà des effets de mode et de vogue.

Ce panorama n’est pas exhaustif et loin s’en faut. A terme c’est un documentaire qui conviendrait le mieux pour partager nos analyses d’un point de vue situé trans, car tout ce qui a été produit jusqu’alors est le produit de regards et d’analyses extérieures, qui même en laissant la parole aux trans, passent parfois à côté des réalités des socialités trans.

Il ne s’agit pas ici non plus de maltraiter les personnes mais de critiquer un système de représentation et des imaginaires si bien inscrits qu’ils passent pour « naturels ».

L’ironie côtoient volontairement la dérision, comme la critique fleurte avec l’humour.

La majorité des fonds musicaux ont été autorisés et pour les majorité des images nous faisons valoir un droit à l’illustration comme à la création tout en faisant valoir que les droits d’auteurs appartiennent aux auteur.e.s des extraits utilisés.

Bon visionnage.

Karine E.

Ce billet, classé dans la catégorie humeur, est ainsi et avant tout, un partage de pensées et d’émotions liées aux actualités du moment. Ces dernières semaines, on a vu passer de nombreux messages et avis sur la création d’équipes de la Sofect à Brest et Lille, sur l’initiative malheureuse de Contact IDF, du colloque en préparation de Montpellier, etc. A ce propos, la suite d’article du weblog Blundr va à l’essentiel et avec une grande efficacité.

Pour ma part, j’ai été invitée à un certain nombre de ces « rendez-vous » et j’ai rarement eu l’occasion d’en parler car je me confronte souvent à un silence dont j’ignore s’il est dû au désintérêt ou à l’impossibilité de partager une réflexion sans passe d’armes comme il est devenu si coutumier dans les milieux militants, sachant que tout le monde se défend de pratiquer « la condamnation » sur le « on dit ». Pour en témoigner j’ai l’amer souvenir d’un post sur Facebook où l’on m’avait désignée comme « putophobe » pour avoir apporté mon soutien à une liste féministe pour les européennes. Surprise d’autant plus violente que je n’avais jamais entendu de positions contre les SW. Des amies ont été averties et on pu prendre leur distance à temps, mais pas moi. Ce sont de nombreux sms qui m’ont avertis de l’épinglage sur FB et du flot de condamnations et d’insultes  qui suivaient.

Les personnes qui me connaissent, ainsi que mes luttes et engagements, ont compris immédiatement la méprise mais peu ont osé prendre ma défense face à la propension d’autres à me lyncher symboliquement, reprenant et ré-interprétant la moindre de mes paroles, le plus souvent sur des « on dit » ou des lectures si sommaires qu’on ne peut appeler cela s’informer. Cela fait trois ans environ et parfois, j’en entend encore parler. L’épinglage FB qui a duré quelques heures intenses a été plus fort que tous mes articles, que tous mes ouvrages, que toute ma recherche, que tout mon activisme depuis plus de 20 ans en France (ASB, CGL, ZOO, CEL, UEEH, ECHO, SC, ODT…) et comme membre de la coordination internationale STP 2012. La personne qui m’a épinglé s’est présentée comme « bad cop » et « c’est tombé sur toi » m’a-t-elle indiqué en privé, oubliant qu’un petit mot public aurait fait du bien à tou.te.s car la seule femme de cette histoire a avoir été malmenée, c’était la trans.

J’ai reçu toute la documentation concernant le colloque de Montpellier. Si vous me dites « trop de médecins » je vais être d’accord bien entendu. Travaillant depuis des années sur l’idée que le sujet trans doit être désobjectivé, qu’il faut le décloisonner des approches strictement médicales et juridiques pour l’inscrire dans des approches culturelles, refaisant du sujet et de son environnement un sujet connaissant, un sujet de savoirs, valorisant les savoirs situés et les expériences de vie situés, je suis forcément déçue que les allié.e.s réifient le cantonnement médico-légal. Le « changement de sexe » redevient central dans ces approches alors que c’est le « changement de genre », toujours antécédent, qui doit être la préoccupation première. Je reviens d Argentine où j’ai pu donner des cours et une conférence sur le sujet et je vois bien les ouvertures que cela produit.

De même, encore une fois, on note la focalisation sur un trajet personnel. Là encore, le trajet individuel mit en vedette est contre-productif car il oblitère les contre-discours et les contre-représentations. Les politiques trans auraient mérité plus de place, d’attention et de respect. En pointant ces aspects, je n’insulte personne que cela soit entendu. Il serait de bon ton et politiquement judicieux (pour se faire applaudir) de jouer la carte de la radicalité et de lancer quelques gifles cinglantes et de clamer quelques « révolutions ! » sans jamais proposer un programme de société alternatif pour les personnes trans, pour ne m’en tenir qu’à ce public.

J’ai plutôt envie d’espérer, peut-être naïvement que la copie soit revue, avec moins de médecins car la population trans ne se réduit pas à des « transsexuel.le.s », à moins de trajets « individuels » car les politiques trans sont riches et encore trop méconnues. Activismes, militantismes, transféminismes, contre-discours et contre-représentations, entre autres termes et notions, ne sont pas des gros-mots ou des injures à la bienséance.

Je voudrais terminer ce billet, par le partage d’un malaise. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de décliner des invitations en raison de mes engagements personnels mais d’en accepter d’autres pour raisons professionnelles. Je peux ainsi faire partie d’une équipe dans laquelle il y a un psychiatre sans que cela fasse pour autant de moi une « traitresse » à la cause ou je ne sais quelle caution de je ne sais quel lobby. N’oublions pas que de son côté, le psychiatre doit composer avec une « trans » universitaire qui est présente, et ce, qu’il soit d’accord ou pas. Lequel est donc le plus loti si on s’engage dans cette logique ?

Les choses se déclinent encore comme suit. On m’a invitée à participer l’ouverture d’un événement étiqueté Sofect. Ma première pensée a été de refuser. J’y ai réfléchit et un peu discuté autour de moi. J’ai entendu des « vas-y ». Au passage, ce serait merveilleux et plus que réconfortant si ces « vas-y » prenaient publiquement ma défense, si je me trouvais épinglée sur FB ou Twitter, parmi d’autres réseaux [a]sociaux. Je songe aussi à tous ces moments ou Maud-Yeuse Thomas et moi-même, sommes allées au feu et seules, sans soutien, et sachant qu’au final il ne reste rien dans les mémoires.

De fait, je dois réfléchir à deux fois avant de m’engager car le bras de fer, qu’il soit conceptuel ou politique, existe aussi en interne. Je ne dois pas seulement tenir compte de ce que je vais devoir affronter comme « violences » dans un colloque avec des psys parfois hostiles ou condescendants quand je parle de savoirs situés mais aussi des suspicions ou diffamations en interne, au sein de mon propre groupe d’appartenance. Le dire, ce n’est pas non trahir cette appartenance.

Avant de poursuivre, je vais raconter une petite histoire qui démontre que parler de violences n’est pas trop fort. Lors d’un colloque international sur les questions liées au corps, j’ai assisté à des communications revendiquant des positions humanistes et compréhensives. A midi, je me suis retrouvée à table avec la plupart de ces intervenant.e.s. Une doctorante pose la question des « trans » à ces éminents universitaires -dont certains bossent sur la question, il faut l’avoir à l’esprit- et à un praticien très connu. Il se trouve que j’ai compris que je n’avais pas été « captée comme trans ». Il y a eu donc un effet « on est entre nous ». La tablée s’est transformée en foire ou ambiance « bar du bouloman ».

Chacun y allait de sa petite anecdote sur ces « pauvres trans ». Les rires avaient bien le ton de la moquerie et les discours l’habit du racisme comme nous en avons parlé avec un copain présent à cette table. J’ai eu envie de recadrer mais finalement j’ai pris le parti d’écouter jusqu’au bout, d’accepter de voir jusqu’où cela irait. C’est allé très loin : moquerie sur la terminologie (transgenre, transidentité, cisgenre), sur le coût des opérations (« le trou de la sécu », si si c’est vrai…), les revendications associatives, etc. J’ai écouté et tout entendu et c’était, croyez-moi bien, très violent pour moi émotionnellement.

J’ai quitté cette table avec un indescriptible malaise, révoltée autant qu peinée que de tels esprits soient tant en contradiction avec ce qu’ils/elles énoncent publiquement. J’ai écourté ma présence au colloque et le soir-même j’ai été dans l’incapacité de partager un nouveau repas avec ces gens là. Je suis restée dans ma chambre avec un grand sentiment de solitude et de dépit car désormais je sais ce qu’il peut se dire « de nous » quand des personnes qui travaillent « sur nous » se racontent des choses « sur nous » quand elles pensent n’être « qu’entre elles ».

Il me semblait important de partager cette expérience de violence car je la revis toujours comme telle.

 

Pourquoi avoir accepté dans un second temps d’intervenir dans un événement étiqueté Sofect ?

 

Voici mes principales réponses :

  • C’est dans mon champ professionnel : En apprendre plus.
  • Je n’y présente pas comme « représentante des trans » ni des associations.
  • Je ne prétends pas parler « au nom de … » , ni de personne d’ailleurs.
  • On m’a proposé un exercice de savoirs situés.
  • Mon propos se résume à expliquer pourquoi les politiques trans ne veulent pas d’eux.
  • Je ne cherche aucune caution de leur part car je n’ai aucun objectif liée à la carrière.
  • Je ne suis pas une caution pour eux car j’interviens comme sociologue et non comme représentante des trans ou d’une association.

 

Mon ressenti ?

  • Je suis effrayée de ne pas être à la hauteur des savoirs que j’aimerais valoriser. Je serais toujours en position de contre-public subalterne. Si je l’oublie l’institution me le rappelle toujours.
  • Je suis terrifiée à l’idée du lynchage et que mes travaux et engagements soient oubliés en un millième de seconde. Car : Maud-Yeuse Thomas, moi-même et bien d’autres, nous avons voulu et souhaité que des savoirs trans existent et viennent concurrencer d’autres savoirs, souvent maltraitants. J’ai donc lutté aussi avec mon doctorat, et peu savent combien j’ai été seule dans l’université à ce moment là. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes trans s’engagent dans ces parcours, j’aimerais qu’ils et elles n’oublient jamais ce que j’ai pris dans la figure pour qu’ils et elles puissent faire de même avec moins de claques à l’arrivée et qu’ils fassent de même pour les suivant.e.s. Enfin, je ne vie pas dans un château dans un quartier huppé de Marseille comme certaines mauvaises langues ont voulu le faire croire. Bhé non, je ne suis pas des élites et des cercles de pouvoir, pas plus que Serano, que Stryker, Feinberg, Stone, ou Califia, entre beaucoup d’autres, me semble-t-il.
  • Je souhaiterais un peu plus de solidarité et un peu de condamnations gratuites et opportunistes.

 

Nous verrons bien si je me dégonfle ou pas, car je me donne aussi ce droit là, celui de reculer et de renoncer. En écrivant ces lignes, je suis d’ailleurs plus proche du renoncement que de quoi que ce soit d’autre, et je trahirais au passage la confiance de deux universitaires féministes, pour lesquelles la question de la légitimité de la parole n’est pas négociable.

CSS est une revue d’études féministes, queer et postcoloniales, héritière des pensées critiques, qui pose à nouveaux frais la question de Sarah Kofman : « Comment s’en sortir ? »

Cet extrait est tiré d’un article publié le 21 décembre 2015 dans le deuxième numéro de la revue Comment s’en sortir ?. Le dossier Transféminismes/Transfeminisms a été coordonné par Kira Ribeiro et Ian Zdanowicz, que je remercie chaleureusement comme l’équipe de la revue.

En écrivant cet article avec des « bouts » de thèse de doctorat, des passages repensés et augmentés, en offrant les « coulisses » (ou des implicites) de ma pensée, j’ai aussi voulu partager un démarche intellectuelle et scientifique sans renier ou bannir les aspects intimes du travail de recherche. Dans le processus d’écriture, mes pensées sont souvent allées vers Danièle Kergoat, en considérant ses travaux autant que son itinéraire de recherche et son humanité. Dans une recension de l’ouvrage Se battre, disent-elles… (Paris, La Dispute, coll. « Le genre du monde », 2012), Igor Martinache écrit : il ne s’agit pas, directement du moins, prioritairement des mobilisations « féministes », mais plus largement d’une réflexion sur la place des femmes dans l’organisation du travail productif – et reproductif. De même ma réflexion est plus largement centrée sur la place des personnes trans dans les relations hommes/femmes (l’ordre des genres), mais aussi dans le travail scientifique et ses épistémologies.

Pour une épistémologie trans et féministe : un exemple de production de savoirs situés (p. 42-58)

 

Abstracts

Cette contribution propose une réflexion sur la construction d’une épistémologie trans et féministe au sein de l’université quand on se pense comme membre d’un groupe subalterne. L’articulation des statuts d’insider et d’outsider (les limites et les avantages à être « du dedans » et « du dehors ») montre la construction de savoirs situés dans une dynamique constructiviste de l’espace public et de l’espace académique. Le métarécit de la recherche sur laquelle nous nous appuyons (une thèse de doctorat sur la construction médiatique des transidentités) donne les exemples d’une inscription dans les épistémologies féministes et des ouvertures inspirées par les Trans Studies anglo-saxonnes. Nous étudions et analysons les termes d’un discours sur soi comme étape nécessaire vers un au-delà de l’appartenance morale, de l’intimité et de la familiarité avec le terrain étudié. Pour ce faire, nous revenons plus précisément sur la notion d’épistémologie du point de vue (standpoint epistemology) proposée par Donna Haraway et ses développements. Avec les savoirs situés nous déplaçons le sujet dans le champ de la philosophie et reconnaissons le sujet trans comme sujet de savoirs grâce aux outils de la pensée féministe.

This contribution offers a reflection on the construction of a feminist and trans epistemology within the Academy when one thinks of themselves as a member of a subaltern group. The articulation of insider and outsider status – the limits and advantages of being “within” and “out of” – reveals the construction of situated knowledges within a constructivist dynamic of public and academic space. This paper is based on a research – a PhD thesis on the media construction of transidentities – whose metanarrative provides examples of an inscription within feminist epistemologies as well as thoughts inspired by Anglo-Saxon Trans Studies. We study and analyze the terms of a self-narrative as a necessary step to go beyond moral ties, intimacy and familiarity with the field of study. In order to do so, we go back on the notion of standpoint epistemology as it has been proposed by Donna Haraway and as it has been developed since then. With situated knowledges, we inscribe the subject within the field of Philosophy and we recognize the trans subject as a subject of knowledge through a feminist framework.

Extrait :

Comment le « je » du témoignage est-il devenu le « nous » de la recherche ? Comment, concernant les personnes trans(1), s’est opéré le glissement du statut d’objet de savoir à celui de sujet de savoir ? Répondre à ces questions dans un contexte académique, quand on se pense comme membre d’un groupe subalterne, minorisé, voire opprimé, conduit à considérer l’articulation entre un statut d’insider et un statut d’outsider. Montrer les limites et les avantages à être « du dedans » et « du dehors » constitue une démarche éclairante qui est le point de départ de cette contribution. Nous produisons un contre-discours dans une position de « contre-public ». Nous suivons la pensée de Nancy Fraser (1990, 67) dont la notion de « contre-public- subalterne » fait référence aux publics subalternes qui inventent et diffusent des contre-discours leur permettant en retour de formuler des interprétations oppositionnelles de leurs identités, intérêts et besoins(2). Les cadres de notre posture épistémologique nous les disons trans et féministe. Nous produisons un contre- discours pour formuler des identités différentes et des savoirs nouveaux dans une double posture du dedans/dehors ; nous l’inscrivons dans une dynamique constructiviste de l’espace public ; nous l’élaborons depuis une position subalterne.

Il semble important de montrer les échafaudages d’un parcours de recherche et de ne pas éluder le « je » de la chercheuse analysant son travail a posteriori ou in progress. Ce travail – mené en tant que personne trans identifiée et auto-identifiée comme telle – a débuté avec une étude sur la construction médiatique des transidentités. Celle-ci s’est appuyée d’une part sur un corpus audiovisuel constitué à l’Institut National de l’Audiovisuel(3), d’autre part sur une observation participante de cinq années du terrain(4) transidentitaire français ; cette recherche a ainsi mis à jour une représentation de type hégémonique (un sujet « transsexuel » validant l’ordre des genres) et elle a aussi pu éclairer la dichotomie entre personnes et représentations – dichotomie relevée par les personnes trans elles-mêmes au sein des associations parisiennes des années 1990).

Ne pas éluder le « je » est une précision importante qui en appelle une autre. Bastien Soulé écrit qu’être affecté est « la condition sine qua non des adeptes de la participation observante » (Soulé 2007, 137). Ma démarche de recherche exigeait que j’intègre à l’étude les affects, les engagements intellectuels et les contaminations symboliques diverses, antécédentes à l’élection de mon terrain, en m’impliquant ainsi dans ce que je me suis proposée de nommer une posture « auto-rétro-observante ». Cette notion avait d’abord pour objectif de servir de « première ligne de défense théorique » pour faire face à des résistances attendues(5). Elle avait aussi vocation à exprimer une posture épistémologique située et à éviter le piège de l’autolégitimation.

1 Par l’expression « personne trans » ou le terme transidentité, nous désignons les personnes auto-identifiées ou identifiées comme transsexuelles, transgenres ou encore travesties. Il existe bien d’autres identifications témoignant aussi d’un refus  d’assignation marqué par les acronymes Ft* et plus  rarement Mt*, qui à l’origine désignaient les transitions female to male et male to female.

2 Fraser associe les notions de subaltern de Gayatri Chakravorty Spivak (1988) et de counterpublic de Rita Felski (1989).

3 Le corpus a regroupé 886 documents audiovisuels sur la période 1946-2010 : actualités, fictions, magazines, reportages, sport, cinéma, talk-show, variétés, télé-réalité.

4 Par terrain, je désigne les associations et collectifs transsexuels et transgenres. L’observation participante (2008-2012) a été doublée d’entretiens et d’une enquête qualitative menée de 2009 à 2010. Le « terrain » est parfois traité comme une « entité » quand je désigne les politiques trans, c’est-à-dire la façon dont les groupes trans existent et agissent dans l’espace public. D’une part, l’inscription militante dans les groupes désignés est antérieure au choix du terrain et l’inscription dans la recherche, et, d’autre part, l’étiquetage militant dont j’ai été (et suis) l’objet est variable selon les groupes considérés.

L’intégralité du numéro en suivant le lien : http://commentsensortir.org/

N° 2 | 2015 – Transféminismes / Transfeminisms, Coordination : Kira Ribeiro et Ian Zdanowicz

  • Introduction : Kira RIBEIRO et Ian ZDANOWICZ
  • Manifeste : Miriam SOLÁ, Le transféminisme et ses transgressions. Introduction au « Manifeste pour une insurrection transféministe » (p. 4-7)
    (traduction de l’espagnol par Eva Rodriguez et Karine Espineira)
  • Rencontre : Dean SPADE, Construire des politiques centrées sur les plus vulnérables. Entretien avec Dean Spade par Kira Ribeiro et Ian Zdanowicz (p. 8-22)
    (traduit de l’anglais par Michele Greer et Keivan Djavadzadeh)
  • Traduction : Sandy STONE, L’Empire contre-attaque : un manifeste posttranssexuel (p. 23-41) (traduction de l’anglais par Kira Ribeiro)
  • Frictions : Karine ESPINEIRA, Pour une épistémologie trans et féministe : un exemple de production de savoirs situés (p. 42-58)
  • Francesca ARENA, Silvia CHILETTI et Jean-Christophe COFFIN, Psychiatrie, genre et sexualités dans la seconde moitié du XXe siècle (p. 59-75)
  • Ian ZDANOWICZ, L’architecture du passing : la place, le regard, le mouvement (p. 76-91)
  • Flo-René MORIN, Le tranimal est politique : Stalking Cat, le paradigme transsexuel et les frontières de l’humain (p. 92-107)
  • Athena COLMAN, Crossing Spaces, Traversing Styles: A Transfeminist Mobilization of Merleau-Ponty (p. 108-123)
  • Arsenal : Cristina CASTELLANO, Transfeminismos. Epistemes, fricciones y flujos, Miriam SOLÁ et Elena URKO (comp.), Tafalla Nafarroa, Txalaparta, 2013. (p. 124-127)
  • Gaël POTIN, La Transyclopédie. Tout savoir sur les transidentités, Karine ESPINEIRA, Maud-Yeuse THOMAS et Arnaud ALESSANDRIN (dir.), Paris, Éditions Des ailes sur un tracteur, 2012. (p. 128-132)
  • Alexandre BARIL, Excluded. Making Feminist and Queer Movements More Inclusive, Julia SERANO, Berkeley, Seal Press, 2013. (p. 133-136)
  • Guillaume ROUCOUX, The Transgender Studies Reader 2, Susan STRYKER et Aren Z. AIZURA (dir.), New York, Londres, Routledge, 2013. (p. 137-140)

MÉDIACULTURES: LA TRANSIDENTITÉ EN TÉLÉVISION

Une recherche menée sur un corpus à l’INA (1946-2010)


Préface de Maud-Yeuse Thomas

Logiques sociales – Sociologie du genre

Page de couverture

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=45743&razSqlClone=1

Quatrième de couverture :

L’étude de la construction médiatique des personnes trans sur un corpus formé à l’Institut National de l’Audiovisuel montre que la figure trans a donné lieu à des modélisations qui ne sont pas neutres sur les critères du genre. Le corpus constitué sur les bases archives de l’INA couvre la période 1946-2010 et la constitution d’un corpus annexe et documentaire a permis des références à des matériaux étrangers et récents comme les documentaires et les séries états-uniennes. L’ouvrage va donner les tendances de la médiatisation des personnes trans sur quarante années en télévision tout en partageant la démarche méthodologique de la construction et du travail sur un corpus vaste et inédit. L’analyse des relations et rapports entre personnes trans et médias est sociohistorique : sont définis et étudiés, les temps de la médiatisation des premières transitions comme les temps des médiatisations récentes, afin de mettre à jour les processus ayant participé à la construction de figures archétypales spectaculaires ou consensuelles, rassurantes ou inquiétantes, transgressives ou paniquantes, et ce, toujours sur les critères du genre. L’ouvrage aborde ainsi l’articulation des imaginaires sociaux et médiatiques qui dépassent de loin la question trans en concernant tout un chacun.

Ce travail de recherche a été récompensé par le 2e Prix jeune chercheur francophone en SIC – 2014, décerné par la Société française des sciences de l’information et de la communication (SFSIC).

Anglais (traduction automatique)

Espagnol (traduction automatique)

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