You are currently browsing the tag archive for the ‘transgenre’ tag.

« Montage-film-documentaire » :

Gare aux trans 2.0.

Il s’agit d’une photographie de ce que l’on dit de nous et montre de nous, face à nos voix et nos actions. Ce document ne peut être exhaustif car c’est impossible. Je souhaite qu’il soit regardé et considéré avec bienveillance car au contraire de la majorité des productions sur les trans, il n’es pas maltraitant. Il montre la maltraitance justement tout en mettant en perspective une riposte trans, une contre-attaque « posttranssexuelle ».

Il s’agit d’un montage amateur faisant suite et écho à des montages des années 2000 : « Gare aux trans » (2005 : https://www.youtube.com/watch?v=PtrBe9N5Dmc) et « Transgénérations » (2006 : https://www.dailymotion.com/video/xc79hj).

Cette série n’a pas d’autre prétention que de porter un regard critique sur la représentation des personnes trans dans la culture au-delà des effets de mode et de vogue.

Ce panorama n’est pas exhaustif et loin s’en faut. A terme c’est un documentaire qui conviendrait le mieux pour partager nos analyses d’un point de vue situé trans, car tout ce qui a été produit jusqu’alors est le produit de regards et d’analyses extérieures, qui même en laissant la parole aux trans, passent parfois à côté des réalités des socialités trans.

Il ne s’agit pas ici non plus de maltraiter les personnes mais de critiquer un système de représentation et des imaginaires si bien inscrits qu’ils passent pour « naturels ».

L’ironie côtoient volontairement la dérision, comme la critique fleurte avec l’humour.

La majorité des fonds musicaux ont été autorisés et pour les majorité des images nous faisons valoir un droit à l’illustration comme à la création tout en faisant valoir que les droits d’auteurs appartiennent aux auteur.e.s des extraits utilisés.

Bon visionnage.

Karine E.

Publicités

Ce billet, classé dans la catégorie humeur, est ainsi et avant tout, un partage de pensées et d’émotions liées aux actualités du moment. Ces dernières semaines, on a vu passer de nombreux messages et avis sur la création d’équipes de la Sofect à Brest et Lille, sur l’initiative malheureuse de Contact IDF, du colloque en préparation de Montpellier, etc. A ce propos, la suite d’article du weblog Blundr va à l’essentiel et avec une grande efficacité.

Pour ma part, j’ai été invitée à un certain nombre de ces « rendez-vous » et j’ai rarement eu l’occasion d’en parler car je me confronte souvent à un silence dont j’ignore s’il est dû au désintérêt ou à l’impossibilité de partager une réflexion sans passe d’armes comme il est devenu si coutumier dans les milieux militants, sachant que tout le monde se défend de pratiquer « la condamnation » sur le « on dit ». Pour en témoigner j’ai l’amer souvenir d’un post sur Facebook où l’on m’avait désignée comme « putophobe » pour avoir apporté mon soutien à une liste féministe pour les européennes. Surprise d’autant plus violente que je n’avais jamais entendu de positions contre les SW. Des amies ont été averties et on pu prendre leur distance à temps, mais pas moi. Ce sont de nombreux sms qui m’ont avertis de l’épinglage sur FB et du flot de condamnations et d’insultes  qui suivaient.

Les personnes qui me connaissent, ainsi que mes luttes et engagements, ont compris immédiatement la méprise mais peu ont osé prendre ma défense face à la propension d’autres à me lyncher symboliquement, reprenant et ré-interprétant la moindre de mes paroles, le plus souvent sur des « on dit » ou des lectures si sommaires qu’on ne peut appeler cela s’informer. Cela fait trois ans environ et parfois, j’en entend encore parler. L’épinglage FB qui a duré quelques heures intenses a été plus fort que tous mes articles, que tous mes ouvrages, que toute ma recherche, que tout mon activisme depuis plus de 20 ans en France (ASB, CGL, ZOO, CEL, UEEH, ECHO, SC, ODT…) et comme membre de la coordination internationale STP 2012. La personne qui m’a épinglé s’est présentée comme « bad cop » et « c’est tombé sur toi » m’a-t-elle indiqué en privé, oubliant qu’un petit mot public aurait fait du bien à tou.te.s car la seule femme de cette histoire a avoir été malmenée, c’était la trans.

J’ai reçu toute la documentation concernant le colloque de Montpellier. Si vous me dites « trop de médecins » je vais être d’accord bien entendu. Travaillant depuis des années sur l’idée que le sujet trans doit être désobjectivé, qu’il faut le décloisonner des approches strictement médicales et juridiques pour l’inscrire dans des approches culturelles, refaisant du sujet et de son environnement un sujet connaissant, un sujet de savoirs, valorisant les savoirs situés et les expériences de vie situés, je suis forcément déçue que les allié.e.s réifient le cantonnement médico-légal. Le « changement de sexe » redevient central dans ces approches alors que c’est le « changement de genre », toujours antécédent, qui doit être la préoccupation première. Je reviens d Argentine où j’ai pu donner des cours et une conférence sur le sujet et je vois bien les ouvertures que cela produit.

De même, encore une fois, on note la focalisation sur un trajet personnel. Là encore, le trajet individuel mit en vedette est contre-productif car il oblitère les contre-discours et les contre-représentations. Les politiques trans auraient mérité plus de place, d’attention et de respect. En pointant ces aspects, je n’insulte personne que cela soit entendu. Il serait de bon ton et politiquement judicieux (pour se faire applaudir) de jouer la carte de la radicalité et de lancer quelques gifles cinglantes et de clamer quelques « révolutions ! » sans jamais proposer un programme de société alternatif pour les personnes trans, pour ne m’en tenir qu’à ce public.

J’ai plutôt envie d’espérer, peut-être naïvement que la copie soit revue, avec moins de médecins car la population trans ne se réduit pas à des « transsexuel.le.s », à moins de trajets « individuels » car les politiques trans sont riches et encore trop méconnues. Activismes, militantismes, transféminismes, contre-discours et contre-représentations, entre autres termes et notions, ne sont pas des gros-mots ou des injures à la bienséance.

Je voudrais terminer ce billet, par le partage d’un malaise. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de décliner des invitations en raison de mes engagements personnels mais d’en accepter d’autres pour raisons professionnelles. Je peux ainsi faire partie d’une équipe dans laquelle il y a un psychiatre sans que cela fasse pour autant de moi une « traitresse » à la cause ou je ne sais quelle caution de je ne sais quel lobby. N’oublions pas que de son côté, le psychiatre doit composer avec une « trans » universitaire qui est présente, et ce, qu’il soit d’accord ou pas. Lequel est donc le plus loti si on s’engage dans cette logique ?

Les choses se déclinent encore comme suit. On m’a invitée à participer l’ouverture d’un événement étiqueté Sofect. Ma première pensée a été de refuser. J’y ai réfléchit et un peu discuté autour de moi. J’ai entendu des « vas-y ». Au passage, ce serait merveilleux et plus que réconfortant si ces « vas-y » prenaient publiquement ma défense, si je me trouvais épinglée sur FB ou Twitter, parmi d’autres réseaux [a]sociaux. Je songe aussi à tous ces moments ou Maud-Yeuse Thomas et moi-même, sommes allées au feu et seules, sans soutien, et sachant qu’au final il ne reste rien dans les mémoires.

De fait, je dois réfléchir à deux fois avant de m’engager car le bras de fer, qu’il soit conceptuel ou politique, existe aussi en interne. Je ne dois pas seulement tenir compte de ce que je vais devoir affronter comme « violences » dans un colloque avec des psys parfois hostiles ou condescendants quand je parle de savoirs situés mais aussi des suspicions ou diffamations en interne, au sein de mon propre groupe d’appartenance. Le dire, ce n’est pas non trahir cette appartenance.

Avant de poursuivre, je vais raconter une petite histoire qui démontre que parler de violences n’est pas trop fort. Lors d’un colloque international sur les questions liées au corps, j’ai assisté à des communications revendiquant des positions humanistes et compréhensives. A midi, je me suis retrouvée à table avec la plupart de ces intervenant.e.s. Une doctorante pose la question des « trans » à ces éminents universitaires -dont certains bossent sur la question, il faut l’avoir à l’esprit- et à un praticien très connu. Il se trouve que j’ai compris que je n’avais pas été « captée comme trans ». Il y a eu donc un effet « on est entre nous ». La tablée s’est transformée en foire ou ambiance « bar du bouloman ».

Chacun y allait de sa petite anecdote sur ces « pauvres trans ». Les rires avaient bien le ton de la moquerie et les discours l’habit du racisme comme nous en avons parlé avec un copain présent à cette table. J’ai eu envie de recadrer mais finalement j’ai pris le parti d’écouter jusqu’au bout, d’accepter de voir jusqu’où cela irait. C’est allé très loin : moquerie sur la terminologie (transgenre, transidentité, cisgenre), sur le coût des opérations (« le trou de la sécu », si si c’est vrai…), les revendications associatives, etc. J’ai écouté et tout entendu et c’était, croyez-moi bien, très violent pour moi émotionnellement.

J’ai quitté cette table avec un indescriptible malaise, révoltée autant qu peinée que de tels esprits soient tant en contradiction avec ce qu’ils/elles énoncent publiquement. J’ai écourté ma présence au colloque et le soir-même j’ai été dans l’incapacité de partager un nouveau repas avec ces gens là. Je suis restée dans ma chambre avec un grand sentiment de solitude et de dépit car désormais je sais ce qu’il peut se dire « de nous » quand des personnes qui travaillent « sur nous » se racontent des choses « sur nous » quand elles pensent n’être « qu’entre elles ».

Il me semblait important de partager cette expérience de violence car je la revis toujours comme telle.

 

Pourquoi avoir accepté dans un second temps d’intervenir dans un événement étiqueté Sofect ?

 

Voici mes principales réponses :

  • C’est dans mon champ professionnel : En apprendre plus.
  • Je n’y présente pas comme « représentante des trans » ni des associations.
  • Je ne prétends pas parler « au nom de … » , ni de personne d’ailleurs.
  • On m’a proposé un exercice de savoirs situés.
  • Mon propos se résume à expliquer pourquoi les politiques trans ne veulent pas d’eux.
  • Je ne cherche aucune caution de leur part car je n’ai aucun objectif liée à la carrière.
  • Je ne suis pas une caution pour eux car j’interviens comme sociologue et non comme représentante des trans ou d’une association.

 

Mon ressenti ?

  • Je suis effrayée de ne pas être à la hauteur des savoirs que j’aimerais valoriser. Je serais toujours en position de contre-public subalterne. Si je l’oublie l’institution me le rappelle toujours.
  • Je suis terrifiée à l’idée du lynchage et que mes travaux et engagements soient oubliés en un millième de seconde. Car : Maud-Yeuse Thomas, moi-même et bien d’autres, nous avons voulu et souhaité que des savoirs trans existent et viennent concurrencer d’autres savoirs, souvent maltraitants. J’ai donc lutté aussi avec mon doctorat, et peu savent combien j’ai été seule dans l’université à ce moment là. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes trans s’engagent dans ces parcours, j’aimerais qu’ils et elles n’oublient jamais ce que j’ai pris dans la figure pour qu’ils et elles puissent faire de même avec moins de claques à l’arrivée et qu’ils fassent de même pour les suivant.e.s. Enfin, je ne vie pas dans un château dans un quartier huppé de Marseille comme certaines mauvaises langues ont voulu le faire croire. Bhé non, je ne suis pas des élites et des cercles de pouvoir, pas plus que Serano, que Stryker, Feinberg, Stone, ou Califia, entre beaucoup d’autres, me semble-t-il.
  • Je souhaiterais un peu plus de solidarité et un peu de condamnations gratuites et opportunistes.

 

Nous verrons bien si je me dégonfle ou pas, car je me donne aussi ce droit là, celui de reculer et de renoncer. En écrivant ces lignes, je suis d’ailleurs plus proche du renoncement que de quoi que ce soit d’autre, et je trahirais au passage la confiance de deux universitaires féministes, pour lesquelles la question de la légitimité de la parole n’est pas négociable.

CSS est une revue d’études féministes, queer et postcoloniales, héritière des pensées critiques, qui pose à nouveaux frais la question de Sarah Kofman : « Comment s’en sortir ? »

Cet extrait est tiré d’un article publié le 21 décembre 2015 dans le deuxième numéro de la revue Comment s’en sortir ?. Le dossier Transféminismes/Transfeminisms a été coordonné par Kira Ribeiro et Ian Zdanowicz, que je remercie chaleureusement comme l’équipe de la revue.

En écrivant cet article avec des « bouts » de thèse de doctorat, des passages repensés et augmentés, en offrant les « coulisses » (ou des implicites) de ma pensée, j’ai aussi voulu partager un démarche intellectuelle et scientifique sans renier ou bannir les aspects intimes du travail de recherche. Dans le processus d’écriture, mes pensées sont souvent allées vers Danièle Kergoat, en considérant ses travaux autant que son itinéraire de recherche et son humanité. Dans une recension de l’ouvrage Se battre, disent-elles… (Paris, La Dispute, coll. « Le genre du monde », 2012), Igor Martinache écrit : il ne s’agit pas, directement du moins, prioritairement des mobilisations « féministes », mais plus largement d’une réflexion sur la place des femmes dans l’organisation du travail productif – et reproductif. De même ma réflexion est plus largement centrée sur la place des personnes trans dans les relations hommes/femmes (l’ordre des genres), mais aussi dans le travail scientifique et ses épistémologies.

Pour une épistémologie trans et féministe : un exemple de production de savoirs situés (p. 42-58)

 

Abstracts

Cette contribution propose une réflexion sur la construction d’une épistémologie trans et féministe au sein de l’université quand on se pense comme membre d’un groupe subalterne. L’articulation des statuts d’insider et d’outsider (les limites et les avantages à être « du dedans » et « du dehors ») montre la construction de savoirs situés dans une dynamique constructiviste de l’espace public et de l’espace académique. Le métarécit de la recherche sur laquelle nous nous appuyons (une thèse de doctorat sur la construction médiatique des transidentités) donne les exemples d’une inscription dans les épistémologies féministes et des ouvertures inspirées par les Trans Studies anglo-saxonnes. Nous étudions et analysons les termes d’un discours sur soi comme étape nécessaire vers un au-delà de l’appartenance morale, de l’intimité et de la familiarité avec le terrain étudié. Pour ce faire, nous revenons plus précisément sur la notion d’épistémologie du point de vue (standpoint epistemology) proposée par Donna Haraway et ses développements. Avec les savoirs situés nous déplaçons le sujet dans le champ de la philosophie et reconnaissons le sujet trans comme sujet de savoirs grâce aux outils de la pensée féministe.

This contribution offers a reflection on the construction of a feminist and trans epistemology within the Academy when one thinks of themselves as a member of a subaltern group. The articulation of insider and outsider status – the limits and advantages of being “within” and “out of” – reveals the construction of situated knowledges within a constructivist dynamic of public and academic space. This paper is based on a research – a PhD thesis on the media construction of transidentities – whose metanarrative provides examples of an inscription within feminist epistemologies as well as thoughts inspired by Anglo-Saxon Trans Studies. We study and analyze the terms of a self-narrative as a necessary step to go beyond moral ties, intimacy and familiarity with the field of study. In order to do so, we go back on the notion of standpoint epistemology as it has been proposed by Donna Haraway and as it has been developed since then. With situated knowledges, we inscribe the subject within the field of Philosophy and we recognize the trans subject as a subject of knowledge through a feminist framework.

Extrait :

Comment le « je » du témoignage est-il devenu le « nous » de la recherche ? Comment, concernant les personnes trans(1), s’est opéré le glissement du statut d’objet de savoir à celui de sujet de savoir ? Répondre à ces questions dans un contexte académique, quand on se pense comme membre d’un groupe subalterne, minorisé, voire opprimé, conduit à considérer l’articulation entre un statut d’insider et un statut d’outsider. Montrer les limites et les avantages à être « du dedans » et « du dehors » constitue une démarche éclairante qui est le point de départ de cette contribution. Nous produisons un contre-discours dans une position de « contre-public ». Nous suivons la pensée de Nancy Fraser (1990, 67) dont la notion de « contre-public- subalterne » fait référence aux publics subalternes qui inventent et diffusent des contre-discours leur permettant en retour de formuler des interprétations oppositionnelles de leurs identités, intérêts et besoins(2). Les cadres de notre posture épistémologique nous les disons trans et féministe. Nous produisons un contre- discours pour formuler des identités différentes et des savoirs nouveaux dans une double posture du dedans/dehors ; nous l’inscrivons dans une dynamique constructiviste de l’espace public ; nous l’élaborons depuis une position subalterne.

Il semble important de montrer les échafaudages d’un parcours de recherche et de ne pas éluder le « je » de la chercheuse analysant son travail a posteriori ou in progress. Ce travail – mené en tant que personne trans identifiée et auto-identifiée comme telle – a débuté avec une étude sur la construction médiatique des transidentités. Celle-ci s’est appuyée d’une part sur un corpus audiovisuel constitué à l’Institut National de l’Audiovisuel(3), d’autre part sur une observation participante de cinq années du terrain(4) transidentitaire français ; cette recherche a ainsi mis à jour une représentation de type hégémonique (un sujet « transsexuel » validant l’ordre des genres) et elle a aussi pu éclairer la dichotomie entre personnes et représentations – dichotomie relevée par les personnes trans elles-mêmes au sein des associations parisiennes des années 1990).

Ne pas éluder le « je » est une précision importante qui en appelle une autre. Bastien Soulé écrit qu’être affecté est « la condition sine qua non des adeptes de la participation observante » (Soulé 2007, 137). Ma démarche de recherche exigeait que j’intègre à l’étude les affects, les engagements intellectuels et les contaminations symboliques diverses, antécédentes à l’élection de mon terrain, en m’impliquant ainsi dans ce que je me suis proposée de nommer une posture « auto-rétro-observante ». Cette notion avait d’abord pour objectif de servir de « première ligne de défense théorique » pour faire face à des résistances attendues(5). Elle avait aussi vocation à exprimer une posture épistémologique située et à éviter le piège de l’autolégitimation.

1 Par l’expression « personne trans » ou le terme transidentité, nous désignons les personnes auto-identifiées ou identifiées comme transsexuelles, transgenres ou encore travesties. Il existe bien d’autres identifications témoignant aussi d’un refus  d’assignation marqué par les acronymes Ft* et plus  rarement Mt*, qui à l’origine désignaient les transitions female to male et male to female.

2 Fraser associe les notions de subaltern de Gayatri Chakravorty Spivak (1988) et de counterpublic de Rita Felski (1989).

3 Le corpus a regroupé 886 documents audiovisuels sur la période 1946-2010 : actualités, fictions, magazines, reportages, sport, cinéma, talk-show, variétés, télé-réalité.

4 Par terrain, je désigne les associations et collectifs transsexuels et transgenres. L’observation participante (2008-2012) a été doublée d’entretiens et d’une enquête qualitative menée de 2009 à 2010. Le « terrain » est parfois traité comme une « entité » quand je désigne les politiques trans, c’est-à-dire la façon dont les groupes trans existent et agissent dans l’espace public. D’une part, l’inscription militante dans les groupes désignés est antérieure au choix du terrain et l’inscription dans la recherche, et, d’autre part, l’étiquetage militant dont j’ai été (et suis) l’objet est variable selon les groupes considérés.

L’intégralité du numéro en suivant le lien : http://commentsensortir.org/

N° 2 | 2015 – Transféminismes / Transfeminisms, Coordination : Kira Ribeiro et Ian Zdanowicz

  • Introduction : Kira RIBEIRO et Ian ZDANOWICZ
  • Manifeste : Miriam SOLÁ, Le transféminisme et ses transgressions. Introduction au « Manifeste pour une insurrection transféministe » (p. 4-7)
    (traduction de l’espagnol par Eva Rodriguez et Karine Espineira)
  • Rencontre : Dean SPADE, Construire des politiques centrées sur les plus vulnérables. Entretien avec Dean Spade par Kira Ribeiro et Ian Zdanowicz (p. 8-22)
    (traduit de l’anglais par Michele Greer et Keivan Djavadzadeh)
  • Traduction : Sandy STONE, L’Empire contre-attaque : un manifeste posttranssexuel (p. 23-41) (traduction de l’anglais par Kira Ribeiro)
  • Frictions : Karine ESPINEIRA, Pour une épistémologie trans et féministe : un exemple de production de savoirs situés (p. 42-58)
  • Francesca ARENA, Silvia CHILETTI et Jean-Christophe COFFIN, Psychiatrie, genre et sexualités dans la seconde moitié du XXe siècle (p. 59-75)
  • Ian ZDANOWICZ, L’architecture du passing : la place, le regard, le mouvement (p. 76-91)
  • Flo-René MORIN, Le tranimal est politique : Stalking Cat, le paradigme transsexuel et les frontières de l’humain (p. 92-107)
  • Athena COLMAN, Crossing Spaces, Traversing Styles: A Transfeminist Mobilization of Merleau-Ponty (p. 108-123)
  • Arsenal : Cristina CASTELLANO, Transfeminismos. Epistemes, fricciones y flujos, Miriam SOLÁ et Elena URKO (comp.), Tafalla Nafarroa, Txalaparta, 2013. (p. 124-127)
  • Gaël POTIN, La Transyclopédie. Tout savoir sur les transidentités, Karine ESPINEIRA, Maud-Yeuse THOMAS et Arnaud ALESSANDRIN (dir.), Paris, Éditions Des ailes sur un tracteur, 2012. (p. 128-132)
  • Alexandre BARIL, Excluded. Making Feminist and Queer Movements More Inclusive, Julia SERANO, Berkeley, Seal Press, 2013. (p. 133-136)
  • Guillaume ROUCOUX, The Transgender Studies Reader 2, Susan STRYKER et Aren Z. AIZURA (dir.), New York, Londres, Routledge, 2013. (p. 137-140)

MÉDIACULTURES: LA TRANSIDENTITÉ EN TÉLÉVISION

Une recherche menée sur un corpus à l’INA (1946-2010)


Préface de Maud-Yeuse Thomas

Logiques sociales – Sociologie du genre

Page de couverture

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=45743&razSqlClone=1

Quatrième de couverture :

L’étude de la construction médiatique des personnes trans sur un corpus formé à l’Institut National de l’Audiovisuel montre que la figure trans a donné lieu à des modélisations qui ne sont pas neutres sur les critères du genre. Le corpus constitué sur les bases archives de l’INA couvre la période 1946-2010 et la constitution d’un corpus annexe et documentaire a permis des références à des matériaux étrangers et récents comme les documentaires et les séries états-uniennes. L’ouvrage va donner les tendances de la médiatisation des personnes trans sur quarante années en télévision tout en partageant la démarche méthodologique de la construction et du travail sur un corpus vaste et inédit. L’analyse des relations et rapports entre personnes trans et médias est sociohistorique : sont définis et étudiés, les temps de la médiatisation des premières transitions comme les temps des médiatisations récentes, afin de mettre à jour les processus ayant participé à la construction de figures archétypales spectaculaires ou consensuelles, rassurantes ou inquiétantes, transgressives ou paniquantes, et ce, toujours sur les critères du genre. L’ouvrage aborde ainsi l’articulation des imaginaires sociaux et médiatiques qui dépassent de loin la question trans en concernant tout un chacun.

Ce travail de recherche a été récompensé par le 2e Prix jeune chercheur francophone en SIC – 2014, décerné par la Société française des sciences de l’information et de la communication (SFSIC).

TRANSIDENTITÉS: ORDRE & PANIQUE DE GENRE

Le réel et ses interprétations

Préface de Marie-Joseph Bertini

Logiques sociales – Sociologie du genre

Page de couverture

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=45742

Quatrième de couverture :

Longtemps cantonnée au changement de sexe, la question trans est aujourd’hui abordée comme changement de genre au sein des disciplines ouvertes aux études de genre dans un renouvellement et un enrichissement du champ épistémique. Cette recherche inscrite dans l’interdiscipline que forment les Sciences de l’information et de la communication se veut aussi un travail précurseur des Transgender studies francophones suivant la pensée de Sandy Stone et dans la lignée des studies anglo-saxonnes. Cette recherche porte ainsi son attention sur la construction sociale et médiatique des transidentités (personnes transgenres, transsexuelles, identités alternatives). La problématique semble innovante car elle conjugue exigence et créativité de la recherche avec le statut de la chercheuse insider et outsider à son terrain. Ce premier volume s’attache à croiser l’état des lieux du terrain associatif et militant transidentitaire français avec l’histoire des définitions de la médecine légale depuis les années 1970 aux révisions les plus récentes. Cette nouvelle histoire des trans en France est éclairée par la description des processus de politisation des groupes, de la diversité des identifications de genre, de leurs subcultures, des apports de l’internet et des épistémologies féministes, de leurs rapports aux médias et en retour aux effets de la médiatisation.

Ce travail de recherche a été récompensé par le 2e Prix jeune chercheur francophone en SIC – 2014, décerné par la Société française des sciences de l’information et de la communication (SFSIC).

Anglais (traduction automatique)

Espagnol (traduction automatique)

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et recevoir des notifications de nouveaux articles par mail.

Rejoignez 1 196 autres abonnés

TwittOrNotTwitt?!

Avatar

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :