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Discours et limites d’un appareil de légitimation

Le sujet dans la Cité, « Habiter en étranger : lieu mouvements frontières », Christine Delory-Momberger & Jean-Jacques Schaller (dir.), Revue internationale de recherche biographique, n° 2, Paris, 15 octobre 2011, pp. 189-201.

Résumé

En 1982, le professeur René Küss plaide à la télévision pour un protocole appelant à distinguer entre  » vrais  » et  » faux  » trans’ : de » vrais trans’  » ne causent aucun trouble dans le genre ; on leur accorde une aide exceptionnelle (l’opération) par laquelle – hommes devenus femmes ou femmes devenues hommes – ils rentrent dans l’ordre du genre et de l’identité. Telle est l’une des premières expressions de ce que nous proposons d’appeler le  » bouclier thérapeutique « , formule qui paraît convenir à refléter l’ambiguïté de la position ainsi défendue. Les trois décennies qui suivent voient s’affronter les affirmations transidentaires et l’idéologie dominante des  » traitants « . S’inscrivant dans la dynamique des Gender Studies, les trans’ hors protocole engagent un large mouvement de revendication sociétale, politique et philosophique, tandis que les  » traitants  » défendent leur statut et leur expertise de médecins et de  » professionnels « . Appareil de légitimation d’un ordre ancien, le  » bouclier thérapeutique  » ne serait-il plus aujourd’hui pour ses partisans que le dernier vestige d’une ère marquée par l’effritement d’un deuxième bouclier, juridique celui-ci, garantissant que la libre disposition de l’état civil reste une exception ? Sur ces questions qui interrogent profondément les représentations que nos sociétés se font d’elles-mêmes, peut-être le temps est-il venu de libérer la route tracée par la recherche en sciences sociales et humaines, en l’ouvrant en particulier aux nouveaux paradigmes amorcés par les Études de Genre.

Abstract

In 1982, Professor René Küss made a televised call for a defined procedure to distinguish between « real » and « false » trans people: stating that people who are « real transgender” cause no disorder to the gender order ; they can be afforded exceptional assistance (an operation) through which men can become women and women can become men, bringing them into the gender and identity order. This was the one of the first expressions of what we propose to call the « therapeutic shield », an expression which highlights the ambiguity of the position he defended. During the three following decades we observe a confrontation between the need for self-affirmation by those identifying as trans and the dominant ideology of those promoting « treatments ». Positioning themselves under the umbrella of the Gender Studies movement, people who are transgender and who are not covered by the therapeutic procedure set up a broad social, political and philosophical protest movement, whereas the « treaters » defended their status and expertise as doctors and « professionals ». Is this « therapeutic shield », still used today as a device to legitimize the ancient order, not the last remnant of an era marked by the erosion of a second “legal shield” guaranteeing that free disposal of the civil status remains a unique legal exception? Such issues deeply question the lenses through which our societies represent themselves. Perhaps the time has come to free up the route traced by social and human science research in order to allow new paradigms envisioned by Gender Studies to emerge.

En ligne, HAL – Archives ouvertes

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Une métamorphose culturelle entre pragmatisme et transcendance

L’Information psychiatrique Vol. 87, n° 4, Paris,  2011, pp. 245 à 352.

Résumé 

Du décret franc¸ais du 10 février 2010 aux travaux de réécriture lancés par le DSM et la CIM, les questions transidentitaires doivent être discutées, appréhendées sur le plan théorique aussi bien que politique. Le schisme entre les associations d’usagers, les trans’ en demande et/ou en obligation de suivi, et les équipes hospitalières spécialisées dans la prise en charge de ce public, pour le cas de la France tout particulièrement, a une histoire intimement liée à un ordre présumé du social et de ses acteurs en termes de genre dans une vision binaire de la société. La demande de reconnaissance de savoirs, d’expertises du terrain transidentitaire s’est heurtée, dès le début des années 1980, au bouclier thérapeutique , que l’on peut définir comme l’argument ultime de l’instance médico-légale en charge du sujet transsexe, écartant les autres sujets/trajets trans’, pour mettre à distance toute intervention du politique, des sciences humaines et sociales dans ce qui est devenu un paradigme théorique : le changement de sexe est d’abord un changement culturel de genre. Enfin, l’instance médicolégale s’efforce d’ignorer sa propre politisation et militance. Partagé entre la volonté de résister et de participer face/avec un protocole inadapté, inefficace et culturellement obsolète, le terrain a connu ses propres mouvements s’interrogeant, s’interpellant sur l’esprit de la méthode. La question trans’ compte désormais autant de politiques que de groupes. La théorisation du fait trans’, trouve sa légitimité non pour revenir seulement sur l’inégalité homme/femme, mais pour lutter du même élan contre toute forme d’inégalité et de stigmatisation. Le terrain transidentitaire s’est profondément transformé, les outils pour l’appréhender comme le paradigme théorique lui-même, se doivent une chose : évoluer.

 Abstract

Trans-identity: fromtheory to policy.Acultural metamorphosis between pragmatism and transcendence. The French Decree of 10 February 2010 which concerned the work that was started by rewriting the DSM and ICD, from trans-identity must be discussed, dealing with the theoretical as well as the “politics” involved. The schism between associations of users,the trans in demand and/or monitoring requirement, and hospital teams specialized in the management of the public, in the case of France in particular has a history closely linked to an alleged social order and its players in terms of gender in a binary vision of society. The application for recognition of knowledge, expertise ground trans-identity were confronted, in the early eighties, with Shield therapy, which can be defined as the ultimate argument of the medico-legal proceedings which concerned the subject of the trans-sexual, excluding other topics/trans paths, to render remote any intervention of the political, social sciences and humanities in what has become a theoretical paradigm: sex change is primarily a cultural change of gender. Finally, it is a situation where the medico-legal community attempts to ignore its own politicization and militancy. Split between the will to resist and to participate face/with an inadequate protocol, ineffective and culturally obsolete, the field has produced its own movements calling into question the actual spirit of the method. The trans question has now as many political groups. Theorizing trans finds its legitimacy not only to a return to inequality between men and women, but also to fight within the same movement with all its forms of inequality and stigma. The field of trans-identity has dramatically changed, the tools for understanding as the theoretical paradigm itself, owes something to this change.

Resumen

Transidentidad : de la teoría a la política. Una metamorfosis cultural entre pragmatismo y transcendencia. Desde el decreto francés del 10 de febrero de 2010 hasta la labor de reescritura lanzada por el DSM y la CIM, las cuestiones transidentitarias deben discutirse, aprehendidas a nivel teórico tanto como político. La fractura entre las asociaciones de usuarios, los Trans’ con demanda y/u obligación de seguimiento, y los equipos hospitalarios especializados en la atención a este público, en el caso de Francia muy particularmente, tiene una historia íntimamente relacionada con un presunto orden de lo social y sus protagonistas en términos de género dentro de una visión binaria de la sociedad. La demanda de reconocimiento de un saber y la de peritajes del campo transidentitario han chocado ya desde los primeros ochenta con el Escudo terapeútico, al que se le puede definir como el argumento final de la instancia medico-legal encargada del tema transexo, apartando los demás temas/itinerarios trans, con el fin de poner a raya cualquier intervención de lo político, de las ciencias humanas y sociales en lo que ha llegado a ser un paradigma teórico : el cambio de sexo es ante todo un cambio cultural de género. Por fin, la instancia médico-legal se empe˜na en desconocer la propia politización y militancia. Dividido entre la voluntad de resistir y participar, frente a/con un protocolo inadaptado, ineficaz y culturalmente obsoleto, el colectivo del área ha conocido sus propios movimientos con sus interrogaciones, sus interpelaciones sobre el espíritu del método. La cuestión trans’ cuenta desde ya con tantas políticas como grupos. La teorización de la realidad trans’ encuentra su legitimidad no para volver a discutir solo la desigualdad hombre/mujer sino para luchar en el mismo empe˜no con cualquier forma de desigualdad y estigmatización. El campo transidentitario se ha transformado hondamente, las herramientas para aprehenderlo tanto como el mismo paradigma teórico, algo se deben a sí mismos, evolucionar.

En ligne, HAL – Archives Ouvertes

On peut considérer la production à titre individuel et/ou à titre associatif de court-métrages comme une réponse à la parole impossible ou à la parole volée ; expressions entendue sur le terrain trans. Les médias sont décriés ; la télévision en particulier. Les termes de la narration de la situation des trans’ seraient ramenés à un unique récit excluant toute idée de communauté, ou de groupe du moins. Certains activistes et militants  envisagent dans les années  2000 l’idée de l’autoproduction à l’égal d’autres groupes en lutte pour l’égalité des droits. Le mode d’expression Do It Yourself (fais le toi même)  a été une solution et s’est formalisé dans la création, et la diffusion de documents audiovisuels sous formes de courts-métrages politisés à des degrés divers. Parfois avec humour, parfois avec dérision, parfois avec colère, les idées, les revendications et parfois même des concepts ont pris forme.

L’association STS67Sans Contrefaçon et le Groupe Activiste Trans ont ainsi produit et diffusé à travers l’Internet, les festivals LGBT et les festivals culturels en France comme à l’étranger.

En 2002, le GAT* diffuse Le doigt de dieu (ou la bite à Lacan), document de  13 minutes mettant en scène l’incohérence du discours psychiatrique et psychanalytique. Le GAT se définit comme groupe informel et libertaire, alternatif et indépendant de trans en colère. En collaboration avec la sociologue Marie-Hélène Bourcier, ils placent la barre très haut selon l’expression consacré et l’interprétation du film n’est pas facile aux non affranchis de ces questions.

De son côté STS67 film et diffuse ses débats publics, ceux à la FNAC de Strasbourg tout particulièrement. L’année 2003 est  riche en interventions filmée avec en juin à la FNAC de Strasbourg, une présentation de la transidentité en général, et avec l’intervention de Dominique Place du CARITIG sur la transphobie dans le milieu lesbien ; au mois de septembre, une permanence de STS filmée par Christophe Coupas autour de la transidentité ; le 28 novembre, conférence-débat de Pat Califia à Strasbourg, à l’occasion de la parution de la traduction française de son livre « Sex changes – Transgender politics » (Le mouvement transgenre). La seconde série d’autoproduction se place entre  2005 et 2006, avec le débat public à la FNAC de Strasbourg, en deux parties : présentation de la transidentité en général, et « Je suis jeune et transgenre – que faire ? », et le débat ayant pour thème : La haine ordinaire – la transphobie en France, que faire ?. Dans le même temps, STS67 intéresse les médias locaux notamment à travers France 3 Alsace.

[Les  trois court-métrages de Sans Contrefaçon ci-dessous sont  quelques unes des illustrations de ces productions. Ces courts métrages ne sont liés que provisoirement à cette article en construction.]

 

Notes

*Vincent Hesay, Carine Boeuf, Maxime Zitouni, Tom Reucher

* Le 13 juin 2005

* le 12 juin 2006

Anglais (traduction automatique)

Espagnol (traduction automatique)

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