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Ce billet, classé dans la catégorie humeur, est ainsi et avant tout, un partage de pensées et d’émotions liées aux actualités du moment. Ces dernières semaines, on a vu passer de nombreux messages et avis sur la création d’équipes de la Sofect à Brest et Lille, sur l’initiative malheureuse de Contact IDF, du colloque en préparation de Montpellier, etc. A ce propos, la suite d’article du weblog Blundr va à l’essentiel et avec une grande efficacité.

Pour ma part, j’ai été invitée à un certain nombre de ces « rendez-vous » et j’ai rarement eu l’occasion d’en parler car je me confronte souvent à un silence dont j’ignore s’il est dû au désintérêt ou à l’impossibilité de partager une réflexion sans passe d’armes comme il est devenu si coutumier dans les milieux militants, sachant que tout le monde se défend de pratiquer « la condamnation » sur le « on dit ». Pour en témoigner j’ai l’amer souvenir d’un post sur Facebook où l’on m’avait désignée comme « putophobe » pour avoir apporté mon soutien à une liste féministe pour les européennes. Surprise d’autant plus violente que je n’avais jamais entendu de positions contre les SW. Des amies ont été averties et on pu prendre leur distance à temps, mais pas moi. Ce sont de nombreux sms qui m’ont avertis de l’épinglage sur FB et du flot de condamnations et d’insultes  qui suivaient.

Les personnes qui me connaissent, ainsi que mes luttes et engagements, ont compris immédiatement la méprise mais peu ont osé prendre ma défense face à la propension d’autres à me lyncher symboliquement, reprenant et ré-interprétant la moindre de mes paroles, le plus souvent sur des « on dit » ou des lectures si sommaires qu’on ne peut appeler cela s’informer. Cela fait trois ans environ et parfois, j’en entend encore parler. L’épinglage FB qui a duré quelques heures intenses a été plus fort que tous mes articles, que tous mes ouvrages, que toute ma recherche, que tout mon activisme depuis plus de 20 ans en France (ASB, CGL, ZOO, CEL, UEEH, ECHO, SC, ODT…) et comme membre de la coordination internationale STP 2012. La personne qui m’a épinglé s’est présentée comme « bad cop » et « c’est tombé sur toi » m’a-t-elle indiqué en privé, oubliant qu’un petit mot public aurait fait du bien à tou.te.s car la seule femme de cette histoire a avoir été malmenée, c’était la trans.

J’ai reçu toute la documentation concernant le colloque de Montpellier. Si vous me dites « trop de médecins » je vais être d’accord bien entendu. Travaillant depuis des années sur l’idée que le sujet trans doit être désobjectivé, qu’il faut le décloisonner des approches strictement médicales et juridiques pour l’inscrire dans des approches culturelles, refaisant du sujet et de son environnement un sujet connaissant, un sujet de savoirs, valorisant les savoirs situés et les expériences de vie situés, je suis forcément déçue que les allié.e.s réifient le cantonnement médico-légal. Le « changement de sexe » redevient central dans ces approches alors que c’est le « changement de genre », toujours antécédent, qui doit être la préoccupation première. Je reviens d Argentine où j’ai pu donner des cours et une conférence sur le sujet et je vois bien les ouvertures que cela produit.

De même, encore une fois, on note la focalisation sur un trajet personnel. Là encore, le trajet individuel mit en vedette est contre-productif car il oblitère les contre-discours et les contre-représentations. Les politiques trans auraient mérité plus de place, d’attention et de respect. En pointant ces aspects, je n’insulte personne que cela soit entendu. Il serait de bon ton et politiquement judicieux (pour se faire applaudir) de jouer la carte de la radicalité et de lancer quelques gifles cinglantes et de clamer quelques « révolutions ! » sans jamais proposer un programme de société alternatif pour les personnes trans, pour ne m’en tenir qu’à ce public.

J’ai plutôt envie d’espérer, peut-être naïvement que la copie soit revue, avec moins de médecins car la population trans ne se réduit pas à des « transsexuel.le.s », à moins de trajets « individuels » car les politiques trans sont riches et encore trop méconnues. Activismes, militantismes, transféminismes, contre-discours et contre-représentations, entre autres termes et notions, ne sont pas des gros-mots ou des injures à la bienséance.

Je voudrais terminer ce billet, par le partage d’un malaise. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de décliner des invitations en raison de mes engagements personnels mais d’en accepter d’autres pour raisons professionnelles. Je peux ainsi faire partie d’une équipe dans laquelle il y a un psychiatre sans que cela fasse pour autant de moi une « traitresse » à la cause ou je ne sais quelle caution de je ne sais quel lobby. N’oublions pas que de son côté, le psychiatre doit composer avec une « trans » universitaire qui est présente, et ce, qu’il soit d’accord ou pas. Lequel est donc le plus loti si on s’engage dans cette logique ?

Les choses se déclinent encore comme suit. On m’a invitée à participer l’ouverture d’un événement étiqueté Sofect. Ma première pensée a été de refuser. J’y ai réfléchit et un peu discuté autour de moi. J’ai entendu des « vas-y ». Au passage, ce serait merveilleux et plus que réconfortant si ces « vas-y » prenaient publiquement ma défense, si je me trouvais épinglée sur FB ou Twitter, parmi d’autres réseaux [a]sociaux. Je songe aussi à tous ces moments ou Maud-Yeuse Thomas et moi-même, sommes allées au feu et seules, sans soutien, et sachant qu’au final il ne reste rien dans les mémoires.

De fait, je dois réfléchir à deux fois avant de m’engager car le bras de fer, qu’il soit conceptuel ou politique, existe aussi en interne. Je ne dois pas seulement tenir compte de ce que je vais devoir affronter comme « violences » dans un colloque avec des psys parfois hostiles ou condescendants quand je parle de savoirs situés mais aussi des suspicions ou diffamations en interne, au sein de mon propre groupe d’appartenance. Le dire, ce n’est pas non trahir cette appartenance.

Avant de poursuivre, je vais raconter une petite histoire qui démontre que parler de violences n’est pas trop fort. Lors d’un colloque international sur les questions liées au corps, j’ai assisté à des communications revendiquant des positions humanistes et compréhensives. A midi, je me suis retrouvée à table avec la plupart de ces intervenant.e.s. Une doctorante pose la question des « trans » à ces éminents universitaires -dont certains bossent sur la question, il faut l’avoir à l’esprit- et à un praticien très connu. Il se trouve que j’ai compris que je n’avais pas été « captée comme trans ». Il y a eu donc un effet « on est entre nous ». La tablée s’est transformée en foire ou ambiance « bar du bouloman ».

Chacun y allait de sa petite anecdote sur ces « pauvres trans ». Les rires avaient bien le ton de la moquerie et les discours l’habit du racisme comme nous en avons parlé avec un copain présent à cette table. J’ai eu envie de recadrer mais finalement j’ai pris le parti d’écouter jusqu’au bout, d’accepter de voir jusqu’où cela irait. C’est allé très loin : moquerie sur la terminologie (transgenre, transidentité, cisgenre), sur le coût des opérations (« le trou de la sécu », si si c’est vrai…), les revendications associatives, etc. J’ai écouté et tout entendu et c’était, croyez-moi bien, très violent pour moi émotionnellement.

J’ai quitté cette table avec un indescriptible malaise, révoltée autant qu peinée que de tels esprits soient tant en contradiction avec ce qu’ils/elles énoncent publiquement. J’ai écourté ma présence au colloque et le soir-même j’ai été dans l’incapacité de partager un nouveau repas avec ces gens là. Je suis restée dans ma chambre avec un grand sentiment de solitude et de dépit car désormais je sais ce qu’il peut se dire « de nous » quand des personnes qui travaillent « sur nous » se racontent des choses « sur nous » quand elles pensent n’être « qu’entre elles ».

Il me semblait important de partager cette expérience de violence car je la revis toujours comme telle.

 

Pourquoi avoir accepté dans un second temps d’intervenir dans un événement étiqueté Sofect ?

 

Voici mes principales réponses :

  • C’est dans mon champ professionnel : En apprendre plus.
  • Je n’y présente pas comme « représentante des trans » ni des associations.
  • Je ne prétends pas parler « au nom de … » , ni de personne d’ailleurs.
  • On m’a proposé un exercice de savoirs situés.
  • Mon propos se résume à expliquer pourquoi les politiques trans ne veulent pas d’eux.
  • Je ne cherche aucune caution de leur part car je n’ai aucun objectif liée à la carrière.
  • Je ne suis pas une caution pour eux car j’interviens comme sociologue et non comme représentante des trans ou d’une association.

 

Mon ressenti ?

  • Je suis effrayée de ne pas être à la hauteur des savoirs que j’aimerais valoriser. Je serais toujours en position de contre-public subalterne. Si je l’oublie l’institution me le rappelle toujours.
  • Je suis terrifiée à l’idée du lynchage et que mes travaux et engagements soient oubliés en un millième de seconde. Car : Maud-Yeuse Thomas, moi-même et bien d’autres, nous avons voulu et souhaité que des savoirs trans existent et viennent concurrencer d’autres savoirs, souvent maltraitants. J’ai donc lutté aussi avec mon doctorat, et peu savent combien j’ai été seule dans l’université à ce moment là. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes trans s’engagent dans ces parcours, j’aimerais qu’ils et elles n’oublient jamais ce que j’ai pris dans la figure pour qu’ils et elles puissent faire de même avec moins de claques à l’arrivée et qu’ils fassent de même pour les suivant.e.s. Enfin, je ne vie pas dans un château dans un quartier huppé de Marseille comme certaines mauvaises langues ont voulu le faire croire. Bhé non, je ne suis pas des élites et des cercles de pouvoir, pas plus que Serano, que Stryker, Feinberg, Stone, ou Califia, entre beaucoup d’autres, me semble-t-il.
  • Je souhaiterais un peu plus de solidarité et un peu de condamnations gratuites et opportunistes.

 

Nous verrons bien si je me dégonfle ou pas, car je me donne aussi ce droit là, celui de reculer et de renoncer. En écrivant ces lignes, je suis d’ailleurs plus proche du renoncement que de quoi que ce soit d’autre, et je trahirais au passage la confiance de deux universitaires féministes, pour lesquelles la question de la légitimité de la parole n’est pas négociable.

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CSS est une revue d’études féministes, queer et postcoloniales, héritière des pensées critiques, qui pose à nouveaux frais la question de Sarah Kofman : « Comment s’en sortir ? »

Cet extrait est tiré d’un article publié le 21 décembre 2015 dans le deuxième numéro de la revue Comment s’en sortir ?. Le dossier Transféminismes/Transfeminisms a été coordonné par Kira Ribeiro et Ian Zdanowicz, que je remercie chaleureusement comme l’équipe de la revue.

En écrivant cet article avec des « bouts » de thèse de doctorat, des passages repensés et augmentés, en offrant les « coulisses » (ou des implicites) de ma pensée, j’ai aussi voulu partager un démarche intellectuelle et scientifique sans renier ou bannir les aspects intimes du travail de recherche. Dans le processus d’écriture, mes pensées sont souvent allées vers Danièle Kergoat, en considérant ses travaux autant que son itinéraire de recherche et son humanité. Dans une recension de l’ouvrage Se battre, disent-elles… (Paris, La Dispute, coll. « Le genre du monde », 2012), Igor Martinache écrit : il ne s’agit pas, directement du moins, prioritairement des mobilisations « féministes », mais plus largement d’une réflexion sur la place des femmes dans l’organisation du travail productif – et reproductif. De même ma réflexion est plus largement centrée sur la place des personnes trans dans les relations hommes/femmes (l’ordre des genres), mais aussi dans le travail scientifique et ses épistémologies.

Pour une épistémologie trans et féministe : un exemple de production de savoirs situés (p. 42-58)

 

Abstracts

Cette contribution propose une réflexion sur la construction d’une épistémologie trans et féministe au sein de l’université quand on se pense comme membre d’un groupe subalterne. L’articulation des statuts d’insider et d’outsider (les limites et les avantages à être « du dedans » et « du dehors ») montre la construction de savoirs situés dans une dynamique constructiviste de l’espace public et de l’espace académique. Le métarécit de la recherche sur laquelle nous nous appuyons (une thèse de doctorat sur la construction médiatique des transidentités) donne les exemples d’une inscription dans les épistémologies féministes et des ouvertures inspirées par les Trans Studies anglo-saxonnes. Nous étudions et analysons les termes d’un discours sur soi comme étape nécessaire vers un au-delà de l’appartenance morale, de l’intimité et de la familiarité avec le terrain étudié. Pour ce faire, nous revenons plus précisément sur la notion d’épistémologie du point de vue (standpoint epistemology) proposée par Donna Haraway et ses développements. Avec les savoirs situés nous déplaçons le sujet dans le champ de la philosophie et reconnaissons le sujet trans comme sujet de savoirs grâce aux outils de la pensée féministe.

This contribution offers a reflection on the construction of a feminist and trans epistemology within the Academy when one thinks of themselves as a member of a subaltern group. The articulation of insider and outsider status – the limits and advantages of being “within” and “out of” – reveals the construction of situated knowledges within a constructivist dynamic of public and academic space. This paper is based on a research – a PhD thesis on the media construction of transidentities – whose metanarrative provides examples of an inscription within feminist epistemologies as well as thoughts inspired by Anglo-Saxon Trans Studies. We study and analyze the terms of a self-narrative as a necessary step to go beyond moral ties, intimacy and familiarity with the field of study. In order to do so, we go back on the notion of standpoint epistemology as it has been proposed by Donna Haraway and as it has been developed since then. With situated knowledges, we inscribe the subject within the field of Philosophy and we recognize the trans subject as a subject of knowledge through a feminist framework.

Extrait :

Comment le « je » du témoignage est-il devenu le « nous » de la recherche ? Comment, concernant les personnes trans(1), s’est opéré le glissement du statut d’objet de savoir à celui de sujet de savoir ? Répondre à ces questions dans un contexte académique, quand on se pense comme membre d’un groupe subalterne, minorisé, voire opprimé, conduit à considérer l’articulation entre un statut d’insider et un statut d’outsider. Montrer les limites et les avantages à être « du dedans » et « du dehors » constitue une démarche éclairante qui est le point de départ de cette contribution. Nous produisons un contre-discours dans une position de « contre-public ». Nous suivons la pensée de Nancy Fraser (1990, 67) dont la notion de « contre-public- subalterne » fait référence aux publics subalternes qui inventent et diffusent des contre-discours leur permettant en retour de formuler des interprétations oppositionnelles de leurs identités, intérêts et besoins(2). Les cadres de notre posture épistémologique nous les disons trans et féministe. Nous produisons un contre- discours pour formuler des identités différentes et des savoirs nouveaux dans une double posture du dedans/dehors ; nous l’inscrivons dans une dynamique constructiviste de l’espace public ; nous l’élaborons depuis une position subalterne.

Il semble important de montrer les échafaudages d’un parcours de recherche et de ne pas éluder le « je » de la chercheuse analysant son travail a posteriori ou in progress. Ce travail – mené en tant que personne trans identifiée et auto-identifiée comme telle – a débuté avec une étude sur la construction médiatique des transidentités. Celle-ci s’est appuyée d’une part sur un corpus audiovisuel constitué à l’Institut National de l’Audiovisuel(3), d’autre part sur une observation participante de cinq années du terrain(4) transidentitaire français ; cette recherche a ainsi mis à jour une représentation de type hégémonique (un sujet « transsexuel » validant l’ordre des genres) et elle a aussi pu éclairer la dichotomie entre personnes et représentations – dichotomie relevée par les personnes trans elles-mêmes au sein des associations parisiennes des années 1990).

Ne pas éluder le « je » est une précision importante qui en appelle une autre. Bastien Soulé écrit qu’être affecté est « la condition sine qua non des adeptes de la participation observante » (Soulé 2007, 137). Ma démarche de recherche exigeait que j’intègre à l’étude les affects, les engagements intellectuels et les contaminations symboliques diverses, antécédentes à l’élection de mon terrain, en m’impliquant ainsi dans ce que je me suis proposée de nommer une posture « auto-rétro-observante ». Cette notion avait d’abord pour objectif de servir de « première ligne de défense théorique » pour faire face à des résistances attendues(5). Elle avait aussi vocation à exprimer une posture épistémologique située et à éviter le piège de l’autolégitimation.

1 Par l’expression « personne trans » ou le terme transidentité, nous désignons les personnes auto-identifiées ou identifiées comme transsexuelles, transgenres ou encore travesties. Il existe bien d’autres identifications témoignant aussi d’un refus  d’assignation marqué par les acronymes Ft* et plus  rarement Mt*, qui à l’origine désignaient les transitions female to male et male to female.

2 Fraser associe les notions de subaltern de Gayatri Chakravorty Spivak (1988) et de counterpublic de Rita Felski (1989).

3 Le corpus a regroupé 886 documents audiovisuels sur la période 1946-2010 : actualités, fictions, magazines, reportages, sport, cinéma, talk-show, variétés, télé-réalité.

4 Par terrain, je désigne les associations et collectifs transsexuels et transgenres. L’observation participante (2008-2012) a été doublée d’entretiens et d’une enquête qualitative menée de 2009 à 2010. Le « terrain » est parfois traité comme une « entité » quand je désigne les politiques trans, c’est-à-dire la façon dont les groupes trans existent et agissent dans l’espace public. D’une part, l’inscription militante dans les groupes désignés est antérieure au choix du terrain et l’inscription dans la recherche, et, d’autre part, l’étiquetage militant dont j’ai été (et suis) l’objet est variable selon les groupes considérés.

L’intégralité du numéro en suivant le lien : http://commentsensortir.org/

N° 2 | 2015 – Transféminismes / Transfeminisms, Coordination : Kira Ribeiro et Ian Zdanowicz

  • Introduction : Kira RIBEIRO et Ian ZDANOWICZ
  • Manifeste : Miriam SOLÁ, Le transféminisme et ses transgressions. Introduction au « Manifeste pour une insurrection transféministe » (p. 4-7)
    (traduction de l’espagnol par Eva Rodriguez et Karine Espineira)
  • Rencontre : Dean SPADE, Construire des politiques centrées sur les plus vulnérables. Entretien avec Dean Spade par Kira Ribeiro et Ian Zdanowicz (p. 8-22)
    (traduit de l’anglais par Michele Greer et Keivan Djavadzadeh)
  • Traduction : Sandy STONE, L’Empire contre-attaque : un manifeste posttranssexuel (p. 23-41) (traduction de l’anglais par Kira Ribeiro)
  • Frictions : Karine ESPINEIRA, Pour une épistémologie trans et féministe : un exemple de production de savoirs situés (p. 42-58)
  • Francesca ARENA, Silvia CHILETTI et Jean-Christophe COFFIN, Psychiatrie, genre et sexualités dans la seconde moitié du XXe siècle (p. 59-75)
  • Ian ZDANOWICZ, L’architecture du passing : la place, le regard, le mouvement (p. 76-91)
  • Flo-René MORIN, Le tranimal est politique : Stalking Cat, le paradigme transsexuel et les frontières de l’humain (p. 92-107)
  • Athena COLMAN, Crossing Spaces, Traversing Styles: A Transfeminist Mobilization of Merleau-Ponty (p. 108-123)
  • Arsenal : Cristina CASTELLANO, Transfeminismos. Epistemes, fricciones y flujos, Miriam SOLÁ et Elena URKO (comp.), Tafalla Nafarroa, Txalaparta, 2013. (p. 124-127)
  • Gaël POTIN, La Transyclopédie. Tout savoir sur les transidentités, Karine ESPINEIRA, Maud-Yeuse THOMAS et Arnaud ALESSANDRIN (dir.), Paris, Éditions Des ailes sur un tracteur, 2012. (p. 128-132)
  • Alexandre BARIL, Excluded. Making Feminist and Queer Movements More Inclusive, Julia SERANO, Berkeley, Seal Press, 2013. (p. 133-136)
  • Guillaume ROUCOUX, The Transgender Studies Reader 2, Susan STRYKER et Aren Z. AIZURA (dir.), New York, Londres, Routledge, 2013. (p. 137-140)

TRANSFÉMINISMES

Cahiers de la transidentité N° 5

Sous la direction de : Maud-Yeuse Thomas, Noomi B. Grüsig, Karine Espineira, Cahiers de la transidentité, QUESTIONS DE GENRE, éditions de L’Harmattan.

9782343070148r

Couverture : Alice Molinier &
MH/Sam Bourcier

Je n’ai pas nourri mon blog depuis longtemps alors je m’y remet doucement avec des informations de publications que je souhaite intéressantes.

Pour entrer dans les coulisses de cet ouvrage, l’idée d’engager ce paradigme est née courant 2013. Il a vu le jour après quelques péripéties mais avec la volonté de bien faire ou du moins de faire au mieux avec les moyens qui étaient les nôtres. Cet ouvrage n’est que l’un des jalons d’une réflexion plus vaste dont on peut avoir un aperçu en parcourant de nombreux blogs francophones. Ailleurs, le processus de « penser les transféminismes » est bien avancé depuis l’article Emi Koyama (2003). Les pratiques transféministes prennent aussi des formes passionnantes quand on les observe en Italie, en Espagne, au Chili ou encore au Brésil. Comme le souligne Alexandre Baril la réflexion sur les transféminismes est émergentes dans le monde francophone et on peut la considérer avec optimisme bien que son émergence soit encore à ses débuts.  Les écrits d’Alexandre Baril viendront d’ailleurs conforter cette émergence et sa reconnaissance par le monde anglophone au passage.

Nous avons aussi souhaité la collaboration avec Noomi pour coordonner cet ouvrage que nous n’avons cessé de revoir, de discuter, de déconstruire et de reconstruire sans jamais être totalement satisfaites car on souhaite toujours mieux faire. Nous nous sommes parlées. Nous avons abordé les questions du pouvoir, des privilèges ainsi que de leurs reconnaissances ou de leurs dénis. Traductrice de Julia Serrano et créditée à sa demande  « plongeuse-serveuse » dans le comité de lecture des cahiers de la transidentité, la présence de Noomi nous a conforté dans notre approche visant à déconstruire les hiérarchies tout en ne les niant pas, car elles nous dépassent souvent à notre insu et c’est là que le pouvoir s’exprime souvent de façon insidieuse. Nous sommes peut-être apportées des éclairages mutuellement. Je n’oublie pas que si aujourd’hui je porte le titre de docteure, j’ai aussi porté celui de femme de ménage, d’ouvrière et même celui de cadre ! Ce n’est pas de l’étiquette le plus valorisante dont je la plus fière. J’ai déjà évoqué le parcours de Maud qui est bien plus évocateur que mon propre parcours. Toutes deux, nous tenons à remercier Noomi pour sa fraicheur, ses idées et son enthousiasme.


Sommaire :

Présentation du dossier [en ligne sur le site de l’ODT] :
Nous, transféministes, M.-Y Thomas, K. Espineira, N. B. Grüsig

Introduction, P. Porchat, T. Ayouch, p. 17
Entretien avec L’Écho des sorcières, p. 21
Transféminisme à la française, N. B. Grüsig, p. 29
Le renouveau transféministe, A. Alessandrin, p. 49
Transféminisme ou postféminisme ?, M.-Y. Thomas, p. 55
Notes pour une technologie Transféministe, L. Rojas, p. 65
Qui a peur du transféminisme ?, Genres Pluriels, p. 75

Autour du trans-féminisme :

Femonationalisme, R. Gharaibeh, p. 83
Féminisme(s) et littérature marocaine, J. Zaganiaris, p. 91
Autour de The Empire Strykes Back, K. Espineira, p. 115

Conclusion :

TransRévolution Réflexions, MH/S. Bourcier, p. 125

Passages :

La fierté des damnés de la terre, J.-M. Gaillard, p. 133
Rachele in sex land, R. Borghi, p. 139
Entretien avec l’association Chrysalide, p. 145
Sissies imperator, D. Roth Bettoni, p. 159
Notes de lecture(s), G. Clamens, p. 169


ISBN : 978-2-343-07014-8 • octobre 2015

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=48255

Il s’agit ici des extraits des communications que j’ai donné à l’occasion des conférences de l’Europride, dans la partie du programme assurée par le collectif IDEM que je remercie au passage.

Mise en contexte

Le premier extrait concerne la table ronde « Transféminismes vs trans-nationalisme » à La Friche (Petit Amphi extérieur de 16:30 à 18:00). Dès l’annonce de ce programme  sur les  réseaux sociaux on a pu remarquer des « inquiétudes » exprimées avec plus ou moins de bienveillance. On ne peut ignorer ce phénomène ni dans un cas ni dans l’autre car une inquiétude dit toujours « quelque chose ». Mais je crois que si ces personnes étaient venues  à notre rencontre ( j’étais avec Maud-Yeuse Thomas et Arnaud Alessandrin), elles auraient pu entendre au contraire, un discours que je crois aussi critique que rassurant n’extrapolant pas ce que seraient ou pas les trans, ce que seraient ou pas les apports du féminisme et surtout du post-féminisme. Il s’agissait plutôt de revenir avec sérénité sur une période dont le contexte a été trop vite oublié et certains apports trop vite condamnés.  J’ai pour ma part opéré un retour sur la période du Zoo et de nos espérances d’alors avec les moyens qui étaient alors le nôtres

Maud-Yeuse Thomas a « allumé » l’Europride en relayant aussi le communiqué porté pat le « collectif d’habitant.e.s de Marseille féministes, trans, pédés, gouines, bi.es, queers, asexuel.les,  et tordu.es en tous genres, majoritairement blanches, cisgenre et valide ». Et enfin Arnaud a expliqué comment l’état français comme l’état, les protocoles et autres institutions « privatisent » le corps des personnes (PMA, non remboursement des opération à l’étranger pour les trans, etc.). L’objectif de cette table ronde était avant tout de mettre en avant les outils de nos émancipations et non de s’engager dans un verbiage « d’intellos à la petite semaine » car nous mêmes, sommes ce « quelque chose », contenus souvent entre guillemets (et comme je viens de le faire pour illustration), entre intime et public, et contenu dans l »expression « trans-féministe-pédé-bi-gouine » (and whathever).  Nous avons nous-mêmes subie la phobie et parfois la violence verbale et physique au cours de nos existence. Faut-il vraiment le rappeler à chacun de nos texte ?

Avant ma présentation j’ai tenu à dire un mot sur l’invisibilisation des conférences trans qui ont pu se dérouler malgré de très grandes difficultés.

« Transféminismes vs trans-nationalisme »

A La Friche (Petit Amphi extérieur de 16:30 à 18:00, Marseille le 16 juillet 2013)

Invisibilisation(s)

Commençons par un coup de gueule vis-à-vis des médias généraux, des médias communautaires comme de la presse locale. Où sont donc les trans ? Où la question trans a-t-elle reléguée ? Les conférences du samedi ont pu être maintenues et ce, grâce au travail du groupe de travail et de l’engagement des intervenants et des intervenantes. Jamais en France, on avait pu donner dans un seul lieu un aperçu des différentes approches permettant de considérer les transidentités. Jamais on n’avait vu autant de groupes venir exposer  leurs positionnements militants et politiques, et partager avec nous leurs outils aussi créatifs que novateurs pour apporter une réponse à une transphobie aussi bien culturelle que politique. Les trans prennent en main leurs destinées. Ils et elles prennent en charge les questions de prévention, de sexualité et de santé via des dispositifs de santé communautaires partout en France. On a pu voir aussi à quel point la lutte face aux nomenclatures internationales sont âpres et techniques. Et que les personnes trans se mobilisent à l’international sur des questions d’une grande complexité. Croire que les questions trans  ne concernent que les trans est une erreur monumentale.

J’espère que cette discussion grâce à la tribune offerte par le collectif IDEM vous donnera envie de vous intéresser au travail de OUTrans à Paris, de Santé Active et Solidaire et d’Arc-en-ciel à Toulouse, de Chrysalide à Lyon, de STS à Strasbourg et de nombreux autres groupes en France, de lire les travaux de l’Observatoire des transidentités, d’apprécier le travail de la coordinations international Stop Trans Pathologization, de GATE ou de TGEU qui travaillent sur les processus  de révisions du DSM (manuel statistique des maladies mentales) de l’American Psychiatrique Association et de la CIM (classification internationale des maladies) de l’Organisation Mondiale de la Santé.

 

 

Tenter de théoriser notre prise de conscience

A l’heure où certains mouvements féministes renvois les trans à des corps biologisés et des identités renaturalisées, pour lesquelles, quoi que je fasse, je serais un homme en vertu du critère du sexe biologique de naissance et du sexe social assigné. Je serais donc un « homme infiltré » et un « ennemi de classe ». Qu’on en revienne-là, les bras m’en tombent.

C’est pourtant grâce aux outils de la pensée féministes qu’un certain nombre de personnes trans se sont émancipées en se politisant, en théorisant et en interrogeant un société sexiste, xénophobe, ultra-libérale et inégalitaire. Nous nous sentons ainsi concernées par toutes les luttes sociales et nous disons notre solidarité avec les sans-papiers, les chômeurs fliqués et criminalisés, les syndicats de travailleurs et travailleuses, les féministes, les folles, les butchs, les fems, les pédés et les gouines qui souhaitent se marier et/ou engager  une filiation,  les femmes battues,  les « putes », les intersexes et tous les parias et les freaks de nos sociétés égoïstes et bien pensantes qui ne veulent pas que nos vies soient vivables. Cette liste pour être complétée comprendrait au final une partie non négligeable de l’humanité. On ne parvient jamais à l’exhaustivité.  Petite parenthèse sur le terme « pute ». Avec des guillemets pour dénoncer la traite des femmes et le viol de leur corps, et marquer tout autant en solidarité avec les travailleurs et travailleuses du sexe. Qu’on ne me demande pas, même par solidarité, de faire comme si certain.es de mes ami.es n’existaient pas et que le travail sexuel n’existait pas non plus.

Je vais opérer maintenant un retour vers le passé avec Les séminaires Q[1] organisés par l’association le ZOO sous la direction de Marie-Hélène Bourcier (période 1996-1998). Pour Maud-Yeuse Thomas et moi, y participer représentait une première tentative de théorisation sinon de s’engager dans cette politisation qui va aboutir au transféminisme tel que définit par les membres de l’association OUTrans ce samedi lors des conférences (ils/elles publieront rapidement leur communication sur le blog d’OUTrans). Nous ne sommes bien entendu les ancêtres de personne. Il y a continuité et passages générationnels et non filiation directe et héritage d’une pensée. Par ailleurs Outrans se réclame de la lignée du GAT (Groupe Activiste Trans).

Cette période du milieu des années 1990 nous semblaient écartelée : rare conscience politique, mais riche inventivité d’un groupe prenant conscience de la nécessité de support et d’avoir à composer avec les institutions autant qu’à les contourner. Accéder aux savoirs et expériences du féminisme pour penser l’inégalité de la différence des sexes et poser l’idée du « binaire » que les trans eux-mêmes pouvaient reproduire, est devenu un enjeu théorique pour les transidentités du Zoo. L’idée a connu d’autres développements avec le Groupe Activiste Trans jusqu’à Outrans je l’ai dit. Souvenons-nous que beaucoup de personnes trans refusaient la confusion ou l’amalgame avec l’homosexualité, la prostitution, les travestis, voire les transgenres. Nous avons voulu que cela change, d’autres l’ont voulu depuis avec la même force.

Ce que nous avons compris avec la pensée féministe c’est que nous pouvions aussi être les acteurs et les actrices de notre propre émancipation. En formulant une base de pensée aussi bien politique que théorique nous pouvions refuser l’injonction au « tout homme » ou « tout femme », et refuser de participer à la politique de la différence des sexes perçue comme franche inégalité.

Avec cette pensée queer définie avec Judith Butler et Eve Sedgwick aux États-Unis, les « séminaires Q »  postulaient aussi l’hétérosexualité comme système politique suivant la pensée de Wittig (1992), ce système formant le cadre majeur de l’oppression des femmes. Notre « opium » au Zoo était un concentré d’études de la diversité, et ce, par notre prise de parole comme intervenant-e-s s’autodéterminant gay, lesbienne, bi, trans et/ou queer. Pour Marie-Hélène Bourcier, l’objectif des séminaires queer du Zoo était « de faire circuler le plus largement possible un type de savoir et de références relatifs à la construction historique, sociale, politique et culturelle de l’homosexualité, de l’hétérosexualité, de la bisexualité, de la transsexualité et des genres. De mettre en valeur les travaux et les initiatives qui relèvent d’une critique hyperbolique des lieux de formation des identités sexuelles et de genre normatives, qui déconstruisent les savoirs qui fondent et naturalisent la discipline du corps »[2].

Si des transidentités ont pu se greffer à des mouvements divers de façon individuelle et sporadique, c’est avec le Zoo que les transidentités ont été invitées pour la première fois à théoriser et à partager leurs études et non plus seulement à témoigner de leurs existences (dans le contexte français) alors que ce mouvement avait déjà été initié aux États-Unis depuis près de dix ans. La rupture est nette avec la considération du « transsexualisme » comme fait unique, individuel, perpétuellement rejoué comme une première fois – donc avec l’oblitération du paradigme politique du changement de genre. Le Zoo et « son queer » furent cependant fort incompris en ces premières années. Ces théories nouvelles furent moins saisies comme affranchissement intellectuel et politique que nouvelle complexité imposée dans l’urgence – contrainte médico-légale, obligation d’insertion sociale et professionnelle au sein d’une « société férocement binaire » (M.-Y. Thomas 2007). Il faudra attendre les années  2000 pour que ces idées se répandent un peu mieux et soient en partie acceptées donnant lieu à de nouvelles études et perspectives de savoirs. Toutefois, des questions ne peuvent être éludées comme l’acceptation des trans’ par les féministes ou  encore celle de la prise de conscience des enjeux du féminisme par l’ensemble des transidentités. Le sujet mérite que l’on s’y arrête.

Je vais conclure sur un je(u) dans le temps :

En 1997, j’allais sur mes 30 ans et j’écrivais dans l’ouvrage Q comme Queer paru un ans plus tard : Je me dis « trans » parce que je fais du politique et pas du transsexualisme[3].

En 2013, j’approche 46 ans et cette formule me paraît plus que jamais toujours d’actualité.


[1] Q comme Queer, Collectif dirigé par Marie-Hélène Bourcier, Éditions GayKitschCamp, 1998.

[2] Bernard Andrieu, « Entretien avec Marie-Hélène Bourcier », Dilecta Corps, n°4, 2008, pp. 5-11, [En ligne], http://www.cairn.info/revue-corps-2008-1-page-5.htm

[3] « Q come Question », Q comme Queer, p. 114.

Conférence  : Archives et centres documentaires LGBT en France, en Europe, et aux USA aux Archives Départementales des Bouches-du-Rhônes (Marseille, le 17 juillet 2013)

Le T dans la mémoire et dans les archives

On le sait, mémoires et archives sont indissociables. Dans le cas français, mais j’imagine que c’est aussi le cas ailleurs, l’histoire des personnes  trans est encore écrite par des non-trans. On sent que le danger est d’obtenir des archives uniquement médicales. Hier encore je parlais avec le psychologue clinicien Tom Reucher du projet Vigitrans qu’il était prêt à porter. Et ce projet d’archives trans n’a finalement jamais vu le jour et nous avons peine à l’imaginer aujourd’hui. Pourtant, ce projet nous est nécessaire. Nous devons pourtant oeuvrer pour une histoire investie par les personnes trans, pour toutes les personnes trans. Notre histoire doit être trans mais pas que trans nous le savons aussi. Et les transversalités entre nos différentes cultures plaident aussi en ce sens.
Autre point qui plaide pour la nécessité d’archives trans : Une mémoire se perd en partie même si nous pouvons nous appuyer sur le travaux de Meyerovitz, de Namaste, de Foerster, etc. On ne parvient à fixer qu’en partie cette réalité méconnue qu’est la culture cabaret transgenre en tant que réseau d’entraide avant la psychiatrisation de nos existences. C’est un exemple parmi d’autres.
Nouvelle approche, ma propre recherche, avec mon exploration de la mémoire de l’audiovisuelle a l’Institut National de l’Audiovisuel. Cette mémoire n’est pas notre. C’est une mémoire à analyser. Il y a Un enjeu méthodologique à pouvoir utiliser ces matériaux. J’ai réuni plus de 800 documents audiovisuels de 1946 à nos jours. Aucun ne relate une mémoire trans sans poser de nombreuses questions à la recherche, en terme d’analyse et de re contextualisation. J’ai beaucoup pensé au travail de Vito Russo quand il publie The celluloïd closet démontrant non seulement comment l’homosexualité est représentée au cinéma mais comment elle a passé des filtres. Il décrit son évolution et la force de cette présence. Car au final on se rend compte que nos subcultures LGBTI font bien partie de la culture commune. Mais nous savons qu’il nous faut la retravailler et non les diffuser sous une forme brute.
Je peux aussi donner l’exemple de La transyclopedie : un ouvrage collectif autant qu’un travail d’inventaire que nous voudrions inscrire dans une culture commune. Mais le travail va être de longue haleine.
Il est encore fréquent que nos amis LGB établissent des bibliographie compilant les ouvrages de nos « expert » – écrits souvent marqué par une transphobie non dissimulée. Et l’on se retrouve à voir nos « détracteurs » plus cités que nous mêmes…
Nous plaidons pour des archives communautaires qui soient respectueuses aussi bien l’action associative que la production l’universitaire. Et, ce pourrait être déjà un point de départ.
Je vais conclure sur deux points. En premier lieu sur l’idée du mariage dont nous nous amusions tout à l’heure. Je veux bien me marier mais pas sans avoir étudié le contrat de mariage auparavant (ref. à l’histoire particulière du centre d’archives Arc-en-ciel).
Enfin, je veux remercier l’Académie Gay et Lesbienne, car j’ai ressenti une plus grande joie à voir mon premier ouvrage référencé dans leurs archives que de le voir apparaître dans des catalogues commerciaux. Un mot décrit mon ressenti : fierté.
Karine Espineira

Anglais (traduction automatique)

Espagnol (traduction automatique)

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